La science de la gratitude: Comment le fait d’être reconnaissant affecte directement notre cerveau

de | 15 septembre 2017
science de la gratitude

La science de la gratitude: Comment le fait d’être reconnaissant affecte directement notre cerveau

Image crédit : Shutterstock

La science de la gratitude: Comment le fait d’être reconnaissant affecte directement notre cerveau

Combien de fois exprimez-vous votre gratitude dans votre vie? Être reconnaissant n’est pas seulement un geste gentil, cela crée réellement des changements constructifs dans la structure neurologique de votre cerveau. Cette pratique puissante peut stimuler les effets à long terme du sentiment de joie et de motivation, et accroît votre capacité à exprimer votre gratitude.

Il y a eu de nombreuses études montrant les effets bénéfiques de la pratique de la gratitude et les résultats positifs qui en découlent.

La science de la gratitude: Comment le fait d’être reconnaissant affecte directement notre cerveau

En 2003, le Dr Robert Emmons de l’Université de Californie et Michael McCullough de l’Université de Miami ont mené une étude intitulée « Counting blessings versus burdens » publiée dans The Journal of Personality and Social Psychology. L’étude montre toute l’influence que peut avoir le mot « merci » dès lors qu’il est prononcé en toute conscience.

Cette étude a examiné les effets psychologiques et physiques causés d’une tendance à être reconnaissant sur une classe d’étudiants pendant une période de 10 semaines. La classe a été divisée en trois groupes, et on a demandé au premier groupe de noter cinq choses qui avaient eu lieu au cours de la semaine précédente pour lesquelles ils pouvaient être reconnaissants.

Le deuxième groupe a été invité à noter cinq tracas quotidiens de la semaine précédente, et le troisième groupe a été invité à noter cinq événements qui s’étaient produits au cours de la semaine dernière, mais sans se concentrer sur des aspects positifs ou négatifs.

Les gens ont écrit qu’ils étaient reconnaissants d’être témoins du coucher de soleil, pour le simple fait d’être en vie et pour la générosité de leurs amis, entre autres. Certaines des tracas incluaient les impôts, la difficulté à trouver un stationnement et les petites difficultés des tâches ménagères.

Les personnes qui étaient concentrées sur la gratitude ont fini par se sentir 25% plus heureuses et plus optimistes pour leur avenir. L’étude a également révélé que certains des étudiants qui démontraient plus de gratitude faisaient 1,5 heure d’exercices supplémentaires par semaine que ceux qui avaient écrit leurs tracas.

Cette étude est un exemple simple mais puissant sur la façon dont le simple fait de mettre l’accent sur la positivité peut engendrer des sentiments beaucoup plus inspirants en nous; plus nous le faisons, plus il est facile d’en tirer parti.

Un autre chercheur en neurosciences nommé Alex Korb de l’UCLA a écrit un livre intitulé « The Upward Spiral », qui décrit comment nous pouvons faire appel à la neuroscience pour inverser le cours de la dépression.

Dans ce livre, Alex Korb décrit comment les émotions comme la culpabilité et la honte déclenchent le centre de récompense du cerveau, et c’est l’une des raisons pour lesquelles il est aussi facile de ressentir ces émotions. Elles animent les circuits neuronaux comme le cortex orbitofrontal ou dorsomédian – la partie de notre cerveau qui est responsable de l’amélioration de la conscience de soi.

La même logique s’applique également à l’inquiétude. L’inquiétude nous fait croire que nous avons besoin d’elle pour nous sentir mieux. Elle calme le système limbique et est souvent source d’un sentiment de « me voilà au moins en train d’essayer de remédier à mon anxiété », même si l’acte de l’inquiétude en soi se perpétue.

En revanche, se concentrer sur la gratitude stimule réellement la région du tronc cérébral qui produit de la dopamine, et peut également stimuler nos niveaux de sérotonine. Car la gratitude nous oblige à nous concentrer sur les aspects positifs de notre vie et augmente ainsi la production de la sérotonine, tout en créant un sentiment bonheur en nous.

Une autre étude dirigée par Prathik Kini de l’université d’Indiana a recruté 43 personnes souffrant d’anxiété ou de dépression. La moitié de ces personnes ont reçu un exercice de reconnaissance où on leur avait demandé d’écrire des lettres de remerciements aux personnes dans leur vie. Trois mois plus tard, les 43 participants ont subi des scanners cérébraux.

Au cours de ces scanners cérébraux, tous les sujets ont participé à une autre activité de gratitude où on leur a dit qu’ils recevraient une somme d’argent. On leur a ensuite demandé s’ils souhaitaient faire don d’une partie de leur salaire à une association caritative comme une manière d’exprimer leur gratitude. Ceux qui ont choisi de faire une donation ont manifesté une activité spécifique dans leur cerveau.

L’un des facteurs les plus intéressants était que les participants qui avaient mené à bien la tâche de la gratitude ont déclaré se sentir plus reconnaissants deux semaines après la conclusion de l’étude, et que les membres du groupe témoin n’avaient pas le même degré de reconnaissance perpétuelle. De plus, même des mois après, ils manifestaient encore une activité cérébrale liée à la gratitude sous scanner. L’équipe de chercheurs décrit cela comme un effet nerveux profond et à long terme, axé simplement sur le fait d’être reconnaissant.

Ces résultats ont montré que nous avons une sorte de « muscle de gratitude » dans notre cerveau qui peut être entraîné et renforcé au fil du temps. Plus nous faisons l’effort de ressentir de la gratitude, plus ce sentiment viendra facilement à l’avenir. La pratique de la gratitude déclenche un cycle sain et autoperpétué dans notre cerveau qui nous permet de nous concentrer facilement sur la positivité dans notre vie.

Pourquoi est-il plus facile de se concentrer sur la négativité ou les choses qui vont mal dans notre vie, plutôt que de se concentrer sur le fait d’être reconnaissant? Une des explications possibles est que notre cerveau est capable de s’adapter à notre environnement. Si nous avons une maison sûre où nous pouvons nous réfugier et de la nourriture dans notre frigo, ce mode de vie confortable et récurrent peut devenir une attente plutôt qu’une bénédiction. Nous oublions à quel point nous avons vraiment de la chance, et nous prenons tout ce que nous avons pour acquis.

Lorsqu’un enjeu se manifeste dans la vie, nous ne sommes généralement pas habitués à la constance des problèmes comme nous sommes habitués à nos bénédictions. En général, les tracas vont et viennent, mais notre style de vie confortable reste le même et nous commençons à le prendre pour acquis. C’est pourquoi les personnes des pays du tiers monde arrivent plus facilement à exprimer une profonde gratitude pour toutes les choses que la vie a à offrir.

Pratiquer la gratitude consiste à ne rien prendre dans votre vie pour acquis. Lorsque nous pouvons voir la beauté et les bénédictions dans tous les aspects de notre vie, notre gratitude peut représenter un changement fondamental, juste par le simple fait d’être reconnaissant pour toutes les choses que nous avons, et d’être simplement en vie.

La vie elle-même est un cadeau précieux et magique, être reconnaissant au quotidien peut nous rappeler cela.

Alors, pour quelles choses pouvez-vous être reconnaissant dans votre vie?

Sources la science de la gratitude:

https://www.inc.com/jessica-stillman/the-amazing-way-gratitude-rewires-your-brain-for-happiness.html

https://www.psychologytoday.com/blog/prefrontal-nudity/201211/the-grateful-brain

https://www.theladders.com/p/21219/neuroscience-4-rituals-happy

http://www.psy.miami.edu/faculty/mmccullough/gratitude/Emmons_McCullough_2003_JPSP.pdf

http://amzn.to/2gRnk58

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