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Image crédit : Shutteestock

6 signes que vous êtes un parent toxique sans vous en rendre compte

« Plus le niveau spirituel de l’éducateur est pauvre, plus sa morale est incolore, plus grand sera le nombre des injonctions et interdictions qu’il imposera aux enfants, non pas par souci de leur bien, mais pour sa propre tranquillité et son propre confort. »
Janus Korczak

« C’est notre propre exemple qui apprend à l’enfant à mépriser tout ce qui est faible. »
Janus Korcza

La plupart des parents font véritablement de leur mieux pour offrir à leurs enfants une éducation saine et heureuse, mais même ces individus peuvent accidentellement faire des erreurs qui peuvent en résulter de futurs rendez-vous chez le thérapeute.

Malheureusement, certains parents vont au-delà de l’erreur occasionnelle et virent dans la catégorie toxique. Indépendamment de savoir si oui ou non un parent est délibérément toxique, il y a plusieurs comportements qui peuvent causer de nombreux dégâts émotionnels et mentaux à un enfant qui finissent par les affecter grandement, même après qu’ils aient grandi.

Un enfant « se sent aimé » par ses parents non pas parce que ceux-ci le lui disent, mais parce qu’il n’a pas besoin d’avoir peur de leurs réactions. Il se sent donc accepté tel qu’il est.

Pour que cette sécurité soit rendue possible, il faut que son parent soit lui-même autonome, c’est-à-dire capable de comprendre et de sentir les émotions et ce que le comportement de son enfant fait naître en lui (peurs, inquiétudes, angoisses), trouvent leur origine dans sa propre histoire. Ce dont les parents toxiques ne sont pas capables.

Un enfant dont les parents auront développé une réelle autonomie par rapport à leurs émotions, deviendra à son tour capable de développer une réelle autonomie : il pourra avoir ses propres convictions, ses propres sentiments, il sera capable d’être « vrai avec lui-même », il se définira par lui-même en faisant ses choix de vie propres, en accord ou non avec ses parents.

A l’inverse, un parent toxique « crée » le plus souvent des enfants conciliants et soumis qui ignorent leurs propres besoins parce qu’ils les pensent égoïstes. Mais parfois aussi les enfants de parents toxiques réagissent à la maltraitance en se rebellant pour survivre, ils sont alors injustement traités de « méchants » par leurs géniteurs. La peur de l’enfant, issue de la toxicité du parent, l’aliène, l’isole et le referme en créant en retour l’irrespect et la haine qui renforcent la toxicité du parent, dans un tragique cercle vicieux.

Si vous avez vécu l’une des situations suivantes étant enfant, les chances sont élevées que l’un ou l’autre de vos parents ait été au moins légèrement toxique.

Voici les 6 signes que vous êtes un parent toxique sans vous en rendre compte:

Se disputer devant les enfants.

Se disputer, c’est à dire crier ou en venir aux mains, devant vos enfants c’est une sorte de maltraitance envers les enfants. Il a été prouvé que c’était incroyablement dommageable sur le plan émotionnel pour les enfants. Les disputes font partie des relations,mais elles ne devraient jamais se produire devant les enfants.

Être trop critique ou déçu.

Le premier travail d’un enfant est d’apprendre à connaître le monde dans lequel ils sont nés. Ils ont besoin d’apprendre, d’exploiter leurs intérêts, et de découvrir ce qu’ils aiment et à quoi ils sont bons. Les parents qui tentent de forcer leurs enfants à faire certains types d’activités parascolaires et « pour le plaisir » se livrent en fait à quelque chose de toxique.

Se tenir entre eux et leurs objectifs.

Les parents ont tendance à projeter leurs propres espoirs, rêves et idéaux sur leurs enfants. Un père qui aime le football peut être repoussé par l’intérêt de son fils pour le ballet et une mère qui a été pom-pom girl peut être contrariée si sa petite fille essaie la natation, mais vous devez laisser les enfants explorer leurs intérêts pour comprendre ce qu’ils veulent dans la vie.

Ne pas laisser les enfants s’exprimer librement.

Les enfants ne devraient jamais avoir peur de dire ce qu’ils ont en tête. Un environnement sain leur dit qu’ils sont aimés et qu’ils peuvent parler librement. Un parent toxique empêchera ses enfants de s’exprimer.

Ils font des blagues « toxiques ».

Les blagues font partie de la vie de famille parfois. Les petites plaisanteries sont bien, mais cela devient toxique quand un parent taquine constamment son enfant sur quelque chose qu’il a dit ou fait. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.

Rendre les enfants responsables de leur bonheur.

Les parents attendent beaucoup de leurs enfants, et c’est logique. Les parents veulent ce qu’il y a de mieux. Ils veulent que leurs petits aient les compétence nécessaires pour vivre une vie saine et heureuse. Mais quand vous commencez à manipuler vos enfants pour qu’ils fassent certaines choses pour vous faire plaisir, vous faites une chose vraiment toxique.

Conclusion :

Pour pouvoir devenir peu à peu de plus en plus responsables de nous-mêmes, donc pour oser regarder nos propres imperfections en face, il nous faut commencer par balayer devant notre porte, ce qui revient à dire renoncer (au moins en partie) à notre propre tranquillité et à notre propre confort, (c’est-à-dire reconnaître nos comportements toxiques.)

Il est vrai que l’égoïsme fait des ravages aujourd’hui, mais nous ne parlons pas tous du même égoïsme. S’ouvrir à l’altérité, c’est commencer par arrêter de cautionner une culture judéo chrétienne dévoyée qui veut nous faire croire qu’il est égoïste de vouloir penser à soi comme de se préserver soi-même. L’égoïsme c’est de vouloir que l’autre se comporte comme soi. L’égoïsme, c’est l’intolérance de celui qui ne peut pas voir plus loin que le bout de son besoin à lui.

Convenir de son égoïsme est à priori impossible pour le prédateur, et c’est pour cela que nous devons apprendre à reconnaître, pour éviter de continuer à les subir, les comportements toxiques et pervers des autres, et en particulier ceux de nos parents (s’ils les ont eus ou les ont toujours).

Dans le livre de le Docteur Muriel Salmona « Le livre noir des violences sexuelles », qui vient de paraître aux éditions Dunod et dont je ne saurais trop vous recommander la lecture.

Il y figure un passage qui éclaire la culture de beaucoup de personnes réticentes à convenir de la toxicité possible du parent. Le voici :

« De fait, l’enfant est encore trop souvent considéré comme la propriété de ses parents, auquel il doit respect et obéissance quoi qu’il arrive. Rappelons que jusqu’à la date récente du 5 mars 2002, l’article 371-1 du code civil sur l’autorité parentale, inspiré du cinquième des dix commandements bibliques, commençait en stipulant : « L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses parents. » Modifié, il commence maintenant par : « L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant, » l’article 371-1 précisant que cette autorité parentale « appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »

Article inspiré de  lifehack.org /Claire C.