Le couple d’aujourd’hui et sa peur de mourir : réflexions et illustrations contées.

de | 6 décembre 2017
Le couple d’aujourd’hui

Le couple d’aujourd’hui et sa peur de mourir : réflexions et illustrations contées.

 

Image crédit : Pixabay

Le couple d’aujourd’hui et sa peur de mourir : réflexions et illustrations contées.

Cet article reprend le livre de Clarissa Pinkola Estés, “Femmes qui courent avec les loups”. J’y rajoute mes réflexions et mon expérience, ainsi qu’une lecture issue du livre de Aigle Bleu, “Le cercle de toutes nos relations”.

Introduction :

Commençons par un petit tour de terrain : actuellement le couple est en crise ! Les institutions patriarcales et familiales tombent depuis la réintégration du féminin dans la société. Du coup, nous devons réapprendre à intégrer le féminin dans le couple. Ce n’est pas évident, car le féminin a tendance à reproduire ce qui l’a bridé tant d’années et le masculin est lui, complètement sans repères. Se rajoutent à cela, les contradictions de notre société où il faut être à la fois sociable et individualiste, être un travailleur parfait et un parent parfait, etc etc … Beaucoup d’exigences tournent autour de la famille. Cela amène les nouvelles générations à une notion du couple complètement nouvelle et instable : les orientations et identités intimes bougent, la définition et les exigences du couple s’élargissent, s’ouvrent … les jeunes sont face à une société dont l’avenir est à construire, ils vivent au jour le jour. La notion d’engagement et d’attachement est donc vu d’une manière totalement différente. En ville, les gens se croisent, se recroisent. Les possibilités se multiplient.

Depuis quelques années, les énergies autour du couple changent et nous puisons progressivement dans les civilisations antérieures qui prenaient en compte le féminin. Nous avons compris qu’il est important de le réintégrer et nous essayons de trouver des exemples tout en n’oubliant pas de l’adapter à notre nouveau monde. Ce qui ramène la spiritualité plus présente dans certains milieux. Quoi qu’il en soit, notre vision de l’amour s’élargit. À travers l’individualité, se déploie le développement personnel qui apprend l’amour de soi, qui lui-même nous fait connaître l’amour inconditionnel. C’est de cet amour dont parle “la femme qui court avec les loups”. Dans son livre, Clarissa reprend des contes d’autrefois et les analysent symboliquement. Elle incite les femmes mais aussi les hommes, à se reconnecter avec leur féminin, leur intuition, leur côté sauvage. Ce que j’apprécie, c’est que son explication est générale. Elle correspond autant aux relations karmiques, qu’aux âmes sœurs ou aux flammes jumelles. Autrement dit, cette définition correspond à tout type de personnes et de rencontres, au delà des croyances suivantes.

Le couple d’aujourd’hui et sa peur de mourir : 

J’explique brièvement les trois, mais cela reste inhérent à la croyance de vies multiples :

– Relation karmique : âmes qui se rencontrent pour vivre des enseignements et régler des comptes.
– Relation âme sœur : même famille d’âmes, avec des énergies semblables qui sont là pour se soutenir.
– Flamme jumelle : âme séparée en deux, avec des énergies complémentaires qui sont là pour s’éveiller mutuellement.
Voilà, un aperçu des différentes rencontres d’âmes possibles. Rentrons maintenant dans le cœur du sujet.

Le couple des sociétés non-pratiarcales :

Les anthropologues retrouvent cette vision du couple dans toutes les cultures dites “chamaniques” qui sont dispatchées dans le monde depuis la dérive des continents. Certains sont en Australie (le peuple Aborigène) , d’autres en Afrique (dans la culture Vaudou), d’autres encore en Asie (au Tibet à travers le Bouddhisme, en Mongolie : le peuple Urdu, au Japon : le peuple Aïnu), mais aussi en Amérique du Nord et du Sud avec la culture Amérindienne et Inuit. En Europe, elle est présente en Sibérie : dont le peuple Esquimau, en Hongrie : le peuple Magyar, puis dans les pays ayant accueilli les peuples Viking et Celtes. Le Druidisme Européen est une forme de chamanisme. Souvent ce sont des peuples autochtones en minorités, car ils sont pacifistes et se font dominer par les peuples plus offensifs.

Selon, Aigle Bleu, pour les Amérindiens, le couple est vu ainsi :

Le couple est une deuxième étape de l’évolution spirituelle. Il représente l’amour et la compassion, en dehors du mental. La première étape étant, la nécessité pour l’individu d’être indépendant et dans l’amour pour lui-même. Ce qui explique que le développement personnel est très présent dans cette culture et c’est aussi pourquoi elle arrive dans la nôtre. Nous recherchons, éperdument, l’amour du couple patriarcal, mais celui-ci n’existe plus. Nous constatons que ce modèle est un échec, et nous redécouvrons un ancien système qui nous incite à d’abord aller vers nous-même, pour dépasser notre ego et rencontrer l’amour de l’âme, l’amour inconditionnel. C’est en devenant, nous-même, grâce à l’observation, la solitude et la réflexion que nous arrivons à l’autonomie. Se comprendre soi, s’accepter pour ce que l’on est, savoir où nous allons, ce que nous voulons … et surtout comprendre que le pouvoir est entre nos mains. Cette vision, permet de dépasser la dépendance affective. L’autre n’est pas là pour combler un manque en nous, ce manque nous allons le puiser en nous-même pour comprendre que c’est l’appel de notre âme pour que l’on se relie à elle. Je fais un aparté, pour dire que dans les couples actuels, la dépendance affective ce n’est pas que celui qui s’attache. Ne pas s’attacher est une forme de dépendance également. Et ces personnes dépendantes et sur-indépendantes vont souvent de pair.

Pour les Amérindiens, nous sommes prêts à une relation, lorsque nous savons ce que nous pouvons apporter à une relation. Quand nous sommes prêts à nous investir et nous engager, au delà de la peur de la solitude, du besoin de normalisation etc… Attention, cela ne veut pas dire que nous sommes obligés de faire ce choix. Peut-être que certaines personnes n’ont pas envie d’être en couple dans cette vie. C’est différent de celui qui ne s’engage pas car il en a peur. À partir du moment où il s’agit d’un choix, d’une envie, le couple est vu comme une impulsion créatrice. Également, on peut dire qu’il est une autonomie partagée. Alors, qu’est ce que vous pouvez apporter à une relation ?

Par ailleurs, Aigle Bleu explique que l’intimité devrait être moins banalisée, sans toutefois devenir tabou. Cette perspective permettrait aux enfants de naître quand les personnes sont prêtes. Pour les Amérindiens, le couple est très fidèle et reste ensemble toute sa vie. Ils expliquent cela par le partage et les projets en commun : comme construire toute leur vie l’arrivée de l’enfant. Je ne sais pas si c’est facilement transposable dans notre société, il y aurait sûrement des ouvertures à ajouter puisque nous ne voyons plus le couple comme uniquement le féminin représenté par une femme et le masculin représenté par un homme. À nous d’adapter cette connaissance avec nos nouveaux ressentis.

Quoiqu’il en soit, le respect de l’autre est au cœur du couple. Les amérindiens acceptent l’autre tel qu’il est, et prend en compte l’effet miroir. Ils partent du principe, que si nous pouvons nous transformer alors l’autre aussi. Il n’y a que lorsque nous ne nous croyons pas nous-même capable de transformation que nous n’acceptons pas l’autre comme il est. Le respect requis est visible essentiellement dans l’importance de la communication et de l’écoute. Pour eux, l’écoute ce n’est pas entendre et ensuite donner des conseils et combler le vide parce que, ce que dit l’autre nous perturbe. Aigle Bleu explique que lorsque quelqu’un se confie, il cherche juste un miroir pour exprimer son problème avec recul. Il est important de se dire que si nous sommes capables d’en arriver là, tout le monde le peut, nous avons de la sagesse innée en chacun de nous. Il n’est pas obligatoire de toujours chercher une solution. Dans le couple, les personnes expriment leur point de vue en se responsabilisant, ce qui évite le jugement. Ils utilisent “je” au lieu de “tu”. Je rajouterai, que ces manières de fonctionner sont très proches de ce que l’on retrouve actuellement dans la communication non violente ou la communication trans-formative.

Nous allons maintenant approfondir ce savoir en allant chercher du côté du féminin. Car la première étape est de s’aimer soi mais la seconde pour nous, occidentaux, sera d’apprendre à réintégrer le féminin dans notre couple pour en arriver à la définition du dessus.

Le féminin dans le couple :

Les afro-américains ont un conte pour expliquer la féminité aux hommes.

Voici l’histoire :

Un homme veut se marier avec deux sœurs. Mais le père refuse tant qu’il ne devinera pas le nom des sœurs. Alors, le jeune homme essaye et échoue. Il se retire et demande à son chien, de l’aider. Ce dernier, va espionner les sœurs et entend leur prénom. Par deux fois, il oublie leur nom en revenant le dire à son maître car il trouve des mets délicieux sur son chemin de retour qui le détourne de son intention. Mais la troisième fois, il se concentre et retient. C’est à ce moment qu’un étranger menaçant, essaye de l’empêcher de passer en voulant avoir les noms. Mais le chien réussit à se sauver. Son maître finit par apprendre les noms et se marie.
Que cela veut-il bien dire ?

La dualité féminine :

Je tiens a préciser que nous partons du principe que nous avons tous du féminin et du masculin en nous. Ici, l’auteure semble penser que les femmes ont plus de féminin et les hommes plus de masculin. Elle explique ici, la définition du féminin à travers l’homme et la femme, à nous de le transposer avec nos nouvelles mœurs et croyances.

Revenons-en au conte, tout est dans le titre. Les deux sœurs représentent le féminin qui est composé de deux facettes bien distinctes. Et c’est ce mystère que beaucoup d’hommes ne parviennent pas à comprendre. Pourtant, eux-mêmes ont ce féminin en eux, mais il est souvent moins intense. Ces deux facettes sont la femme civilisée et la femme sauvage. La première sera celle du comportement et des apparences : elle représente le respect de soi et des autres, elle symbolise des qualités comme la rationalité, la douceur, le calme, elle a une bonne capacité d’adaptation, d’acceptation de normalisation, elle est dans l’amour de l’autre, le don se soi, elle est très maternelle et rassurante. C’est l’aspect du féminin qui est communément acquis. L’autre facette, est celle du moi profond, c’est celle là qui fait peur et qui a été rejetée par les hommes.

La femme sauvage cherche à répondre à ses besoins grâce à l’intuition :

elle accepte ses émotions et connaît le lâcher-prise et la foi, elle est aussi très indépendante et libre, elle se remet facilement en cause et dit ce qu’elle pense. Elle cherche avant tout à s’élever et donc à sortir des sentiers battus. Dans notre société, sa puissance fait peur, même aux femmes elles-mêmes, car nous avons peur de ce que nous ne contrôlons pas. Le lâcher-prise et la foi en l’intuition semblent une illusion, une faiblesse. Si vous vous retrouvez dans cette description, j’espère que ce savoir vous soulage, vous pouvez devenir fière de ce que vous êtes. Ces deux femmes peuvent sembler en contradiction, mais si elles s’acceptent mutuellement, elles n’ont pas besoin d’être ensemble à tout moment, elles se partagent les tâches. Mais c’est une autre histoire !! Je vous invite à lire le livre !!

En ce qui concerne les autres personnages, le petit chien représente l’inconscient instinctif dont l’homme a besoin pour comprendre la femme. Il doit faire face à de nombreuses distractions sur le chemin, seule sa persévérance l’aidera à percer le mystère. L’étranger, est le masculin dominateur qui veut persécuter le féminin sauvage. En somme, l’homme est invité à dépasser son ego pour sortir des apparences et de la facilité afin de connaître réellement la personne qu’il a en face. L’homme devra combattre cet étranger pour le faire disparaître. En apprenant à s’aimer lui, il sera plus facilement enclin à lâcher-prise et être à l’écoute de sa propre intuition. Le père représente le masculin protecteur présent dans l’esprit de la femme, celui-ci qui invite l’homme à la comprendre.

Voilà en ce qui concerne la dualité féminine. Ce travail d’introspection et de reconnaissance qui est demandé à l’homme peut faire partie d’un travail beaucoup plus long qui est celui de reconnaître l’aspect dit “négatif” de l’amour.

En voici une illustration, à travers une histoire Inuit :

Une jeune femme déçoit son père et il la noie dans l’océan pour la punir. Celle-ci reste au fond des eaux jusqu’à ce qu’un pêcheur peu avisé, vienne pêcher dans cette région. Dehors, il fait sombre, l’homme pense au début avoir pêché un gros poisson car il a des difficultés à remonter le fil. Mais à sa grande frayeur, il découvre un squelette. Pris de panique, il court, et ne se rend pas compte que le squelette est enchevêtré dans le fil. Ce qui l’amène à croire qu’elle le poursuit. Elle en profite pour se nourrir des poissons pris dans le filet comme elle. Lui se réfugie alors dans son igloo. Il se calme un peu malgré le fait qu’elle soit toujours là. Il la regarde et commence à enlever les fils qui l’emprisonnent. Fatigué, il s’endort. Elle le regarde et voit pointer une larme sous un de ses yeux. Elle s’approche de lui et la boit. Ensuite, elle tape sur ses côtes comme sur un tambour et entame un chant qui reconstruit son corps petit à petit. Lorsqu’elle redevient entièrement femme, elle se couche à ses côtés en l’enlace.

Voyons comment interpréter cette histoire :

La femme squelette :

Ce symbole fort de l’histoire est là pour nous rappeler le principe de vie/mort/vie. Les peuples autochtones s’accordent à dire que tout est cycle dans la nature. Ils observent et constatent que tout est en changement continu, tout se transforme progressivement. Ces changements impliquent des morts et des naissances. L’exemple le plus parlant est le cycle des 4 saisons. Pour eux, l’homme fait partie de la nature. Il est donc important de reconnaître que ces cycles sont présents dans la relation de couple, du moins dans l’amour. Tant que les chemins de vie des personnes vont ensemble, il doivent accepter le changement dans la relation. Je tiens à préciser que ce type de processus est valable pour tout type de relation duelle : mère/bébé, parents/ado, amis etc …

Essayons d’expliquer ce phénomène à travers l’histoire :

– La découverte d’un trésor :

Au début le pêcheur part avec ses attentes et ses illusions. Il s’apprête à pêcher un poisson pour se l’approprier et le manger, comme on peut désirer être en couple pour palier à un manque ou une envie de posséder. Il ne s’attend pas à tomber sur autre chose. Il se rend compte assez rapidement qu’il est tombé sur quelque chose de plus rare. Mais cet autre le fait se remettre en question. Le trésor brille en apparence mais semble comporter des zones d’ombre. Il n’est pas composé que de gaietés et de plaisirs. Ce qu’il découvre lui fait vite peur. Le pêcheur se rend compte que ce qu’il a pêché n’est pas parfait. Cela demande du courage de faire le deuil de ses attentes ( trophées, intimité, personne parfaite), et de garder la foi en la possibilité qu’il y ait mieux derrière. Beaucoup de personnes font mourir l’amour en se contentant de se focaliser sur les aspects positifs et en ignorant ce qui les dérange plutôt que d’affronter leurs peurs. Cette peur est celle de mourir, c’est accepter que je ne contrôle pas tout et que je doive faire face à l’inconnu.

– Poursuite et esquive :

Le premier réflexe du pêcheur est de fuir, il trouve toutes les raisons possibles pour ne pas être avec cette personne car elle fait trop peur. Souvent la faute est remise sur l’autre. Nous rendons l’autre responsable de nos propres ombres. C’est pourquoi le pêcheur se réfugie chez lui, pensant être victime et devoir se protéger. L’amour fait peur car il n’est pas ce qu’on lui attribue généralement. Il demande un engagement avec soi-même pour se dépasser. Nous avons peur de faire confiance à notre nature sauvage. Mais plus nous cherchons le beauté, plus nous trouvons la bête.

Tant que l’enseignement n’est pas appris, il nous poursuit. Il se rend compte que la femme squelette est toujours là, même dans un lieu où il est censé être en sécurité. Sa peur la nourrit, c’est pourquoi elle mange les poissons. Elle lui montre qu’elle existe et est reconnue. Elle fait donc tout pour être affrontée. Il n’a alors plus le choix, il l’affronte du regard. On est jamais vraiment prêt à ce genre de chose. Mais il est important de savoir, que ces capacités de changement sont présentent au fond de nous et ne demandent qu’à être utilisées. L’homme s’en sert et accepte le laid comme faisant partie intégrante du monde et de sa trouvaille. Il finit par comprendre que rationaliser les choses ne sert à rien, ce qui lui arrive dépasse son mental et c’est donc son cœur qui prend les commandes. En effet, si on lâche prise, que l’on suit notre intuition, on peut se rendre compte que ce que l’on craint peut guérir et donner de la force. Au fond, aimer c’est être comme un héros capable de gérer sa propre peur.

– Dés-enchevêtrement :

Le pêcheur fait ainsi preuve de bravoure et de curiosité pour aider le squelette à se dépêtrer de son filet. Cela nous apprend que l’on pourrait essayer de faire du bien à ce qui n’est pas beau. En éprouvant de la compassion on devient acteur de l’amour. En exemple autre je prendrais le parcours spirituel : beaucoup commencent en ne voulant utiliser que ce qui fait du bien et permet de transcender la réalité. Ce qui malheureusement n’est qu’une fuite de la réalité et de la nécessité d’affronter ses démons pour s’élever. L’ancrage et le lâcher-prise peuvent y aider, ils permettent de se trouver soi et de dépasser la peur de mourir, ce qui permet ensuite d’utiliser les outils transcendantaux pour en saisir la substance et l’adapter à la réalité. Si l’on aime pas qui l’on est et notre réalité, le biais est de ne pas vouloir revenir accomplir ce pourquoi nous sommes faits dans cette vie.

Cette étape peut être longue. Elle dépend de là où nous en sommes dans le travail avec soi, l’amour de soi et ce qu’on est prêt à donner à l’autre. Nous avons peur de ce qui n’est pas immédiat. Mais les cycles sont là pour nous amener les étapes au moment le plus propice pour comprendre la mort et la renaissance. Mais nous aimons avec l’âme et non le moi. Pour comprendre, il est important d’avoir accès à son intuition et son féminin. Posez vous cette question : qu’est-ce qui doit mourir en moi pour aimer et être aimé ?

– Innocence vigilante :

Lorsqu’il finit son travail de démaillage le pêcheur se sent fatigué par tous ces efforts. Il s’endort donc en paix, il n’a plus peur de la présence de la femme squelette. Il indique qu’il est nécessaire d’avoir un moment où l’on attend et écoute l’esprit. C’est l’innocence vigilante. Nous sommes ouverts à tout sans préjugés, non dans l’attente mais vigilants à ce qui nous entoure. On travaille sur la confiance et la foi en ses propres sentiments qui nous permettront de lâcher-prise. On s’autorise à aimer malgré le corps de souffrance et le passé car l’amour de soi et de l’autre dépasse les peurs. L’amour peut être vu comme un outil d’éveil. Cette recherche de la confiance permet de s’assurer que tout mal infligé peut être guéri. Ces maux peuvent être vus comme des enseignements mis à disposition pour nous aider à nous transcender. Ce qui va arriver est porteur de la transformation.

– La larme :

Pendant qu’il dort le pêcheur est comme la chenille qui rentre dans son cocon pour se transformer en papillon. À la fin de cette transformation, une larme coule. C’est alors que l’on est capable de nourrir l’autre. La femme squelette s’en nourrit, ce qui lui donne des forces pour se régénérer. On est prêt à créer du nouveau. Nous voyons maintenant le côté autodestructeur de la perte de confiance en nos propres sentiments. En admettant nos blessures, en acceptant leur présence, nous apprenons à nous connaître véritablement. On attend alors que l’autre guérisse ses propres blessures et qu’il apprenne à connaître son moi profond plutôt que de s’y languir. Ce travail nous permet aux deux protagonistes de devenir leurs propres guérisseurs. Dans toute relation il y a cet effet miroir. Enfin, nous reconnaissons l’amour qu’il y a en nous. Il est immense. Sa puissance peut faire peur. Nous l’avons toujours porté sans le savoir et dorénavant nous fermons les yeux et ouvrons nos cœurs.

– Tambour et chant :

Grâce à la transformation et au lâcher-prise de son ami. La femme squelette peut alors se transformer à son tour et reprendre vie. Elle boit la larme et trouve la force d’utiliser ses côtes pour faire le tambour qui deviendra son cœur, et elle se met à chanter pour se rassembler. C’est l’amour qui replace les choses là où elles doivent être. Le chant est toujours considéré comme pouvant guérir, ressusciter. Chaque création serait accompagnée d’un son pour faire venir les dieux et les grands pouvoirs. En tout cas, le son agit sur nos émotions et communique directement avec notre instinct. C’est pourquoi il attire beaucoup. Si la femme squelette devient palpable alors la vie devient plus riche. Nous sommes capables de belles choses quand quelqu’un d’autre croit en nous. Quand le féminin habite le masculin nous sommes plus forts. Encore une fois, ceci est transposable pour tous ceux qui nous donnent leur cœur. Ça peut également marcher pour la voie vers l’amour de soi ou de dieu/âme/inconscient-collectif/univers/grand-tout etc ….

– Danse corps et âme :

Lorsque la femme squelette a fini sa transformation elle se couche et enlace son ami pour danser dans leurs rêves. Les hommes ont peur du féminin car il est lié à la vie/mort/vie. La femme squelette est l’étape nécessaire pour deux personnes appartenant à un couple. Elle ne représente ni l’un ou ni l’autre, elle est juste cette mort à apprivoiser. En réussissant ce processus, nous devenons plus forts pour faire face à l’amour. Car tout au long du chemin il y aura des phases de vie et de naissance. La mort permet à la vie de continuer en amenant d’autres possibles. L’amour ne peut continuer à vivre que si la mort existe, sinon il ne meurt pas mais disparaît sous la peur. Si l’on sent un malaise, l’auteure nous invite à aller chercher la solution dans son contraire. Si l’on s’ennuie : passons à l’action, si l’on se sent seul : entourons-nous, si l’on étouffe : isolons-nous.

Plus on apprivoise sa laideur et son obscurité plus il nous aime en retour. Car ce sont des enseignements pour nous transformer. Les amoureux ne s’engagent pas pour un vivre ensemble, mais pour ce qu’ils apprennent. Donner son corps est une phase ultime de l’amour. Si on le fait avant on a plus de chances d’être tenté et de ne pas dépasser les problèmes. Alors qu’on a besoin de regarder en face, regarder avec compassion nos blessures. Nous avons besoin de découvrir nos envies profondes et d’y mettre tout notre amour. L’intimité symbolise la création après le processus.

Voilà comment Clarissa explique ce conte. Bien évidemment, il faut bien penser à transposer les concepts à notre époque.

Conclusion :

Cette vision psychologique et spirituelle du couple et de l’amour, se rapproche de l’amour inconditionnel que l’on éprouve pour soi, pour son âme/dieu/grand-tout … et pour un enfant. De plus en plus de personnes vont être amenées à découvrir l’amour inconditionnel dans le couple, et pour soi… Pourquoi ? Car cela nous permet de nous relier à notre âme et donc à l’intuition et au féminin. Nous sommes en train de chercher notre équilibre. Si nous y arrivons, ensuite nous pourrons apprendre à aimer inconditionnellement d’autres personnes et ainsi, créer un monde meilleur, avec des valeurs universelles reconnues comme : le respect, la tolérance, l’écoute, la bienveillance, la coopération etc… Sur ce, je vous souhaite une bonne route, prenez soin de vous et des vôtres.

Le couple d’aujourd’hui et sa peur de mourir :

Auteur : Kaede Agapè Kaze
Son site : lien de mon site : http://ninonferbezar.wixsite.com/nini-therapie et sa page facebook : https://www.facebook.com/niniettherapie/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *