Nous avons besoin de moins d’examens et de plus de nature sauvage dans l’éducation

de | 15 décembre 2016

 

nature sauvage

« Je ne veux pas que mes enfants connaissent le même sentiment d’échec que j’ai éprouvé en grandissant juste parce qu’ils n’arrivent pas à réussir des tests. » Photo: Ben Fogle

Nous avons besoin de moins d’examens et de plus de nature sauvage dans l’éducation

Au lieu d’investir du temps et de l’argent dans les examens, nous devrions plus mettre l’accent sur le bien-être et encourager les enfants à reprendre contact avec la nature.

Le gouvernement au Royaume-Uni envisage d’instaurer des tests nationaux pour les enfants de sept ans afin de démontrer la portée qu’a atteint notre obsession en matière d’examens. Pendant que les politiciens tentent de mesurer le succès des écoles, nos enfants font aujourd’hui l’objet d’évaluations et de réexamens permanents. Les enfants sont devenus les minuscules rouages d’une machine gouvernementale. L’éducation s’est égarée.

C’est une question qui me tient véritablement à coeur, surtout depuis que je suis devenu parent de deux superbes enfants, Ludo(cinq ans) et Iona(quatre ans). Je ne veux pas que mes enfants ressentent le même sentiment d’échec que j’avais en grandissant juste parce qu’ils n’arrivent pas à réussir des tests. Soyons honnêtes, certaines personnes sont mieux adaptées aux examens que d’autres, de la même manière que certains d’entre nous sont plus sportifs ou plus artistiques.

Nature sauvage

  • « Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » – Albert Einstein

Certains d’entre nous ont l’esprit en bouillie sous la pression. Les examens m’ont toujours laissé un sentiment de dévalorisation et un manque de confiance. Plus j’échouais à des tests, plus j’avais la pression pour produire des résultats positifs, qui n’étaient d’ailleurs pas au rendez-vous. Quand j’ai échoué à mon examen de fin d’études, et que j’ai été rejeté par mes choix universitaires, j’ai sombré dans la dépression.

Les lieux sauvages m’ont sauvé. J’ai été façonné par mes expériences en plein air. Me sentir à l’aise dans la nature m’a redonné la confiance et m’a permis d’être qui je suis vraiment, et non ce que les autres veulent que je sois. Il y a une simplicité naturelle dans la nature; Elle est beaucoup plus tactile et tangible que l’école. La nature est un stabilisateur; Elle a renforcé mon caractère et m’a mis sur la bonne voie.

« Il est temps de tout compromettre et de secouer les salles de classes »

C’est pourquoi, au lieu de consacrer du temps et de l’argent aux examens, nous devrions mettre l’accent sur le bien-être et encourager nos enfants à communiquer avec le monde naturel. Je ne suggère pas l’abolition des programmes d’examens, mais nous pourrions certainement réduire le temps de travail de nos enfants et leur laisser plus de temps pour explorer le monde qui les entoure.

Cela ne nécessite pas un gros investissement. Même si vous n’avez pas un accès immédiat, les camps et les écoles de pleine nature attendent de recevoir des enfants de quartiers du centre-ville. Une partie de la beauté de la scolarité en milieu sauvage est que les frais généraux sont très faibles. Vous voulez une salle de classe? Construisez un abri dans la nature. Vous voulez manger? Vous pouvez fouiller pour trouver de la nourriture.

Et des preuves montrent que renouer avec la terre est vraiment efficace. Le jeu libre en plein air est bon pour le développement social et affectif, il permet d’améliorer la conscience de soi et rend les enfants plus coopératifs. Une étude menée par l’American Medical Association en 2005 a conclu que: « Les enfants seraient plus intelligents, plus capables de s’entendre les uns avec les autres, plus sains d’esprit et plus heureux s’ils avaient des occasions régulières de jouer librement dans des espaces ouverts. Il a aussi été prouvé scientifiquement que la nature peut réduire l’hyperactivité des enfants et qu’elle a un effet apaisant en particulier sur les enfants souffrant du trouble de déficit de l’attention.

Nous avons tout faux. Nous devons cultiver l’optimisme, la santé et le bien-être dans nos écoles. Il est temps de tout compromettre et de secouer les salles de classes.

Il y a nombreux exemples dont il faut s’inspirer. Le visionnaire allemand Kurt Hahn a été l’un des pionniers de l’éducation en plein air. Il a fondé Schule Schloss Salem en Allemagne et United World Colleges, un mouvement qui comporte Atlantic College au Pays de Galles et Gordonston en Ecosse. Il a adopté une vision éducative portant sur l’artisanat, le service communautaire, les activités en plein air et les capacités physiques.

Les Scandinaves ont également montré la voie à suivre dans ce domaine depuis de nombreuses années, non seulement en assurant des cours en milieu sauvage, mais aussi en modifiant les modes d’enseignement par des thèmes et des sujets précis. La scolarité en milieu sauvage implique une approche similaire au travail d’équipe non-conformiste, où les enfants travaillent ensemble dans la nature. Ils ne sont plus assis sur des bancs pendant que leurs professeurs donnent cours, les leçons adoptent désormais une approche plus cohérente. Le système est orienté vers l’amélioration de la communication, la confiance, le caractère et la résilience plutôt que de pousser les enfants dans ce qui semblerait être des usines à examens.

Ce qui fut autrefois un système d’éducation de calibre mondial et progressiste semble être maintenant à l’arrêt.

Pourquoi utilisons-nous encore des systèmes d’enseignement qui se réfèrent uniquement au bourrage de crâne qui sont réutilisés dans les examens?

Je veux un système d’éducation qui agit de l’intérieur. Où le plein air devient un cycle hebdomadaire – comprenant la géographie, l’environnement, l’inventivité, l’économie domestique, la science et les mathématiques – des sujets entrepris à l’extérieur. Les salles de classe pourraient avoir lieu dans un parc en centre-ville, une garrigue ou un jardin.

Alors que mes propres enfants sont à une étape importante de leur vie, je suis déterminé à leur donner un enseignement harmonieux. Je me trouve dans l’heureuse position de pouvoir partager certaines des merveilles de la nature sauvage avec mes enfants. Mais nous avons tous la responsabilité de veiller à ce que chaque enfant ait accès aux mêmes opportunités de vie. Le gouvernement devrait réfléchir longuement avant d’élaborer le budget concernant les examens, et penser à investir dans la santé et le bien-être des générations futures.

Source Nature sauvage :  www.theguardian.com

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