LA VOIX INFLUENCE L’IMAGE QU’ON PROJETTE

de | 21 décembre 2016

 

VOIX INFLUENCE

LA VOIX INFLUENCE L’IMAGE QU’ON PROJETTE

LA VOIX INFLUENCE L’IMAGE QU’ON PROJETTE

LE SON DU STATUT : ON RECONNAIT UNE VOIX EN AUTORITÉ LORSQU’ON L’ENTEND

Selon une recherche publiée dans Psychological Science, un journal de L’Association for Psychological Science, le fait de se retrouver en situation de pouvoir peut modifier fondamentalement votre façon de parler, en altérant des caractéristiques de base de l’acoustique de la voix. De plus, les autres – vos auditeurs – percevront les indices vocaux leur indiquant qui est vraiment en charge, qui détient le pouvoir.

Bien que nous ayons tendance à nous concentrer sur les mots lorsque nous voulons projeter une personnalité en état de pouvoir, ces conclusions suggèrent que les indices acoustiques y tiennent également un rôle important.

« Nos observations suggèrent que, peu importe s’il s’agit d’un parent qui s’efforce d’imposer son autorité sur un enfant turbulent, du marchandage entre un vendeur d’automobiles et son client ou d’une négociation entre deux chefs d’État, le son des voix impliquées peut sérieusement impacter sur les résultats de telles interactions » affirme le scientifique en psychologie et directeur de recherche Sei Jin Ko de l’Université d’État de San Diego.

Bien que les chercheurs se soient depuis longtemps intéressés aux propriétés non verbales de la parole, c’est l’ancienne première ministre britannique, Margaret Thatcher, qui les inspira à se tourner vers la relation entre les indices acoustiques et le pouvoir.

Ko explique : « Il est bien connu que Madame Thatcher s’était soumise à un entrainement intensif pour que sa voix projette une personnalité plus autoritaire et plus puissante. » « Nous voulions explorer comment une chose aussi fondamentale que le pouvoir pouvait donner lieu à des changements de l’acoustique vocale d’une personne et l’impact qu’ont de tels changements situationnels de la voix sur l’écoute et le comportement des auditeurs envers le locuteur. »

Ko, assisté de Melody Sadler de l’Université de la Californie à San Diego et de Adam Galinsky de la Columbia Business School, a mis sur pieds deux études pour trouver ce qu’il en était.

Lors de la première expérimentation, ils enregistrèrent 161 étudiants de niveau collégial qui lisèrent un passage à voix haute ; ce premier enregistrement permit d’obtenir des acoustiques normales. Puis on assigna aléatoirement à certains des participants un rôle spécifique pour un exercice de négociation.

Avant que ne commence la négociation, on a dit aux étudiants qui s’étaient vus assignés un niveau « élevé » d’autorité d’approcher la négociation en s’imaginant avoir en poche une intéressante alternative, de capitales informations privilégiées ou qu’ils jouissaient, au travail, d’un statut élevé ; ils pouvaient aussi se remémorer une expérience lors de laquelle ils avaient eu du pouvoir. On a dit aux étudiants qui se virent assigner des niveaux inférieurs d’imaginer avoir en poche une alternative peu intéressante, aucune information privilégiée ou un statut inférieur à leur travail ; ils pouvaient aussi se souvenir d’une expérience lors de laquelle ils ne bénéficiaient d’aucun pouvoir.

Puis les étudiants lisèrent un second passage, toujours à voix haute, comme s’ils dirigeaient les négociations avec leur adversaire imaginaire. On enregistra leur voix. Tous lisèrent la même introduction, permettant ainsi aux chercheurs d’évaluer les acoustiques pour un même contenu chez tous les participants.

La comparaison entre les première et seconde lectures permit aux chercheurs de constater que les voix des étudiants s’étant vus assigner des rôles de haut niveau avaient tendance à augmenter le ton, devenaient plus monotones (avec un ton moins variable) puis variaient davantage la puissance, la force de leur voix, comparativement aux étudiants qui avaient des rôles de niveaux inférieurs.

Étonnamment, le pouvoir influençait les voix des participants de façon quasi identique à la transformation vocale de Madame Thatcher après qu’on l’y ait entrainée » ajouta Galinsky.

Et ces indices vocaux de ce groupe d’étudiants ne passèrent pas inaperçus. Une seconde expérience, avec un autre groupe d’étudiants collégiaux, révéla que les auditeurs, qui ignoraient tout de la première expérimentation, pouvaient reconnaitre les indices vocaux liés au pouvoir afin de déceler qui avait et qui n’avait pas de pouvoir : les auditeurs estimèrent que les locuteurs qu’on avait assignés au groupe de niveau supérieur étaient plus enclins à démontrer des comportements de pouvoir ; ils déterminèrent également, avec une surprenante exactitude, si un locuteur possédait un statut élevé ou inférieur.

En ligne avec les changements vocaux observés lors de la première expérimentation, les auditeurs avaient tendance à associer un ton et une voix élevés qui variaient en force à des comportements à pouvoirs élevés. Ils associaient également des voix plus fortes à un pouvoir supérieur.

Galinsky en conclut : « Ces découvertes suggèrent que les auditeurs perçoivent fort bien les variations subtiles des indices vocaux et qu’ils s’en servent afin de savoir qui est en charge. »

Cette recherche fut partiellement financée par un don au premier auteur du Dispute Resolution Research Center de la Northwestern University.

SOURCE  LA VOIX INFLUENCE L’IMAGE QU’ON PROJETTE : Traduction de The Sound of Status : People Know High-Power Voices When They Hear Them. Les données et le matériel de cette étude sont publiquement disponibles via Open Science

Framework. On y accède en cliquant sur https://osf.io/cw6y8/?view_only=24a186cebd52441ea0170ed63caf70ab et sur https://osf.io/5hzv9/?view_only=94aa2b0312c3463493ca6f61c5fc3811

LA VOIX INFLUENCE L’IMAGE QU’ON PROJETTE :Traduction de Richard Parent, Mont St-Hilaire, Québec.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *