L’histoire des deux cerveaux : comment le second est essentiel

de | 13 avril 2015

L’histoire des deux cerveaux : comment le second est essentiel à la compréhension de nombreuses maladies chroniques

Peu de personnes savent qu’ils ont deux cerveaux. Oui, vous avez bien lu. Et votre 2éme cerveau pourrait être lié à votre santé bien plus que vous n’auriez pu l’imaginer.

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Nous avons tendance à considérer notre cerveau comme le poste de commande qui régit toutes nos fonctions physiologiques. Mais votre corps est doté d’une autre intelligence dont vous n’avez sans doute pas conscience et l’importance de son rôle sur votre santé pourrait s’avérer essentielle pour déterminer la cause de certaines maladies chroniques voire même de problèmes de santé mentale.

Si vous croisez un trentenaire avec des cheveux gris, une quadragénaire souffrant de calvitie, un quinquagénaire dans un cercueil terrassé par une attaque, un grand-père de soixante-cinq ans dont les mains tremblent ou encore une grand-mère de soixante-dix ans atteinte de démence — ne cherchez pas la cause ailleurs que dans leurs viscères endommagées (Gut Sense: How to Restore Intestinal Flora and What Happens If You Don’t).

Notre « second cerveau » ou cerveau viscéral est très différent de celui que nous avons dans la tête. Alors que ce dernier exerce des fonctions cognitives complexes nous permettant de traiter l’information, mettre en pratique nos connaissances et modifier nos préférences, celui de notre intestin est intuitif et reçoit des signaux et messages en provenance de notre corps et de son environnement qu’il transmet au premier et vice versa.

Comprendre le cerveau viscéral et ses fonctions est souvent la solution pour venir en aide aux personnes confrontées à de nombreux problèmes que les praticiens de la médecine traditionnelles ont tendance à ignorer. Ce « second cerveau », que les scientifiques appellent système nerveux entérique, est relié au cerveau crânien par le nerf vague. On y retrouve les mêmes substances chimiques régulatrices cérébrales que dans ce dernier, à savoir des hormones et des neurotransmetteurs. On estime à cent millions le nombre de neurotransmetteurs sur toute la longueur de l’intestin, ce qui représente à peu près la même quantité retrouvée dans le cerveau crânien (Dr. Gershon, Scientific American: Think Twice).

Le cerveau viscéral produit également de la dopamine et 95% de la sérotonine chimique de notre organisme. En l’absence d’une quantité suffisante de ces deux substances du « bien-être », nous pouvons souffrir de dépression, d’insomnie et d’autres types de stress émotionnel. Réjouissez-vous de ces symptômes car ce sont des signaux d’avertissement — des alarmes — pour vous demander sans détour d’écouter et prêter attention à votre intestin/instinct.

Ce dernier n’affecte pas que notre humeur : il joue aussi un rôle essentiel à la compréhension de nombreuses maladies dont nous souffrons. Il est facile de comprendre pourquoi lorsque l’on découvre qu’environ 70% de notre système immunitaire se trouve dans notre appareil digestif. Prendre soin de vos deux cerveaux vous sera profitable pour tout ce qui relève de la santé.

Nous autres, Américains, dépensons plus que toute autre nation au monde en soins médicaux. On pourrait s’attendre à ce qu’un tel coût fasse de nous le peuple le mieux portant de la planète. Or nous sommes le plus malade ! Le nombre de médicaments prescrits pour troubles gastro-intestinaux et mentaux atteint des sommets sans précédent ; pourtant trop de personnes souffrent encore, le cerveau embrumé par ces drogues.

Il serait peut-être temps de s’intéresser à la cause plutôt que se borner à traiter les symptômes. Avaler une pilule pour vous soulager est sans doute une solution de facilité mais non sans causer des dégâts à votre santé. Si vous ne vous attaquez pas à la cause, le problème ne fera qu’empirer jusqu’à ce que vous ne puissiez plus l’ignorer. En prenant soin de nos deux cerveaux, nous pouvons exercer une grande influence sur la qualité de notre santé.

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Comment prendre soin de son deuxième cerveau ?

Tout d’abord, en faisant attention à ce que nous mangeons. Comme pour tous les milieux, la santé de votre intestin dépendra de ce que vous y mettrez. Il y a dix fois plus de microbes dans votre biome intestinal que de cellules dans votre corps. En fait, ces organismes sont constitués de plus de 500 espèces différentes pour un poids d’environ 900 à 2200 grammes ! En produisant un milieu favorable aux microbes sains et utiles, nous aurons un corps en bonne santé. Cela semble facile, non ?

Que faut-il pour avoir un intestin sain ?

Malheureusement, nous avons reçu, dans notre cabinet, un nombre croissant de patients atteints de graves problèmes de santé dont la plupart découlaient de problèmes intestinaux. Bien qu’un protocole différent puisse être prescrit pour chaque patient, voici quelques suggestions de base pour améliorer la santé de vos intestins.

1. Évitez les apports élevés en hydrates de carbone, c.-à-d. le sucre, les pâtes, le riz et les céréales qui entretiennent la mauvaise flore. Jamais auparavant dans toute l’histoire de l’humanité, les hommes n’ont consommé autant de sucre et de glucides raffinés et nos corps n’ont pas été conçus pour optimiser ce carburant à temps plein.

1. Évitez le poulet et les viandes qui contiennent des antibiotiques autant que possible car ces derniers altèrent votre flore intestinale. Les antibiotiques sont censés tuer les bactéries nocives. Malheureusement ils éliminent également les bonnes bactéries vous exposant ainsi davantage aux attaques.

3. Évitez les irritants intestinaux ou les toxines chimiques telles le GMS, les conservateurs alimentaires et les exhausteurs de goût. Consommez du bio autant que possible et fuyez les aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM). La sensibilité au gluten est une préoccupation grandissante dans notre culture puisque 99% de notre consommation actuelle de blé provient d’un hybride développé dans les années soixante-dix par Norman Borlaug. Ce blé nain comporte également 14 nouvelles variétés de gluten. On estime qu’environ 40% de la population pourrait être sensible ou intolérante à cette substance et beaucoup pensent que cet hybride en serait à l’origine.

4. Augmentez votre apport en aliments fermentés comme la choucroute, les assaisonnements fermentés ou le Kombucha, un thé fermenté également. Une cuillerée à soupe ou deux de l’un de ces délicieux nutriments en début de repas vous permettra de repeupler votre écosystème interne avec les bonnes bactéries dont votre corps a besoin.

5. Pour de plus amples informations sur le type d’alimentation qui vous permettra de guérir et les protocoles intestinaux, allez sur www.gaps.me (en anglais — NdT).

Source L’histoire des deux cerveaux : comment le second est essentiel : DR DAVID HARTZ

Sandra Véringa

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