Interdépendance Corps/esprit 

de | 25 juin 2018

Corps/esprit

Image crédit : Pixabay

Interdépendance Corps/esprit

Nos sociétés modernes, intellectualisées, semblent avoir oublié dans leur conception de la médecine, la relation étroite qui existe entre le corps et l’esprit (et/ou les émotions). Pourtant, depuis quelques années, de nombreuses études font état d’interconnections entre les deux *. 

Cette perception de deux « entités » qui seraient étanches semble faire place, au fil du temps, à une vision plus globale dans laquelle les deux communiquent. Les émotions qui nous traversent se matérialisent dans nos corps et cela est vrai en sens inverse : un corps soumis à des pressions génère des déséquilibres psychiques. Certaines pathologies sont parfois associées à des émotions comme par exemple, la colère, qui peut conduire à des infarctus * ou la nervosité qui se matérialise à travers la constipation. Il s’agit d’exemples très simples et que nous pouvons observer et analyser avec notre propre corps. 

J’ai pu observer cet échange à travers le prisme de mon propre corps (j’insiste aussi, qu’il ne s’agit que de ma perception et qu’elle n’est pas « la » vérité). Avant mon départ en Colombie, mon médecin m’a déconseillé de partir, considérant, au vu de mes analyses, que cela pouvait s’aggraver et poser problème. J’ai poliment refusé. On peut considérer que cela était une décision irresponsable, et elle l’était, mais je ne la regrette pas. Vivre 6 mois à l’étranger, seule, a mis à rude épreuve mon esprit et mon corps mais cela m’a fortifié et m’a rendue profondément heureuse. Les symptômes de ma maladie se sont résorbés jusqu’à disparaître et je ne pense pas que cela soit anodin. J’étais profondément heureuse parce que j’avais la possibilité d’apprendre chaque jour, quelque chose de nouveau (sur le monde qui m’entoure et sur moi), de travailler dans un domaine dans lequel je me sentais utile, j’ai fait du yoga, une véritable habitude et passé beaucoup de temps en contact avec la Nature. Je me suis perdue, et en me perdant, j’ai fini par me trouver. Aujourd’hui, depuis mon retour, je suis persuadée que ces vibrations positives dans lesquelles je me suis enveloppée, m’ont protégée. On peut évidemment trouver d’autres explications, plus en adéquation avec ce que la « logique » nous imposerait mais quelque chose, au fond de moi, le sait. J’avais une très forte intuition en partant. Je l’ai même étouffée, car je ne voulais pas nourrir un espoir, mais elle était là, en filigrane. 

Il ne s’agit que d’un résumé, évidemment grossier, de tout ce qui a contribué à ma guérison (même temporaire), mais elle montre bien comment ces deux entités se sont imbriquées pour se fusionner. 

Mais finalement qu’est-ce que cela implique, concrètement, lorsque nous sommes confrontés à une maladie ? 

Tout d’abord, cela signifie que le malade a un comportement actif dans son processus de guérison. Notre système de santé (il me semble) a créé un jeu de pouvoir dans lequel le malade créé une relation de dépendance vis-à-vis de son médecin. Bien sûr, il est nécessaire, mais son rôle n’est pas tout-puissant. J’ai été confrontée à bien des médecins dont la connaissance se limitait aux livres, sans aller plus loin dans la recherche du problème, considérant les maux pour lesquels j’allais les voir, comme une simple équation mathématique transposable à tous les corps. Je considère le médecin comme un soutien essentiel, mais placé à la même échelle que le patient. Ses connaissances sont nécessaires, mais elles ne sont pas suffisantes. La maladie est finalement une manifestation du corps d’un déséquilibre parfois corporel, mais aussi parfois mental et/ou spirituel. Il y a parfois des traitements qui existent, et ils nous permettent de guérir, mais je ne pense pas que cela soit suffisant si on ne prend en compte qu’un seul des aspects. En écoutant notre corps, nos pensées et les sensations qui nous traversent, on retrouve de nombreux indices sur notre état de santé. 

Apprendre à s’accorder du temps, à se connaître, est finalement une part importante dans ce processus de guérison pour pouvoir en tirer des leçons et affronter avec plus de sérénité les éventuelles récidives. 

Enfin, si un tel lien existe, cela signifie que nous pouvons avoir une incidence positive sur notre corps et notre esprit. De nombreuses études ont établi un lien entre les pensées positives et l’amélioration de notre système immunitaire. Ce fut le cas dans l’étude sur les nonnes (The Nun study) en 1986 dans laquelle des chercheurs ont analysé les lettres écrites avant leur entrée au couvent. Si initialement, l’étude portait sur l’Alzheimer, ils se sont aperçus que les bonnes soeurs qui avaient écrit des textes positifs avaient eu une durée de vie plus longue que les autres. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il s’agit d’un remède miraculeux avec une recette simpliste mais l’avancée de nos connaissances en neurosciences sont extrêmement intéressantes et nous permettraient de modifier certains comportements et d’avoir une véritable incidence sur notre réalité. 

Avoir des pensées et des émotions positives est une pratique à laquelle il faut s’astreindre chaque jour. Ce n’est pas toujours facile d’observer « le bon côté » d’une chose qui nous fait souffrir, mais elle apporte tellement de bénéfices qu’il serait regrettable de ne pas utiliser ce pouvoir qui sommeille en nous. Il y a plusieurs façons de cultiver ce terreau des pensées positives. Cela peut être quelque chose de tout simple : s’accorder du temps pour faire des activités qui nous rendent heureux (du sport, de la peinture), passer du temps avec une personne que l’on aime, voir un film drôle, changer nos lunettes mentales pour observer un phénomène auquel nous prêtions peu d’attention. Cela peut aussi se faire à travers la visualisation 

événements positifs qui nous sont arrivés ou que nous aimerions voir arriver, se valoriser, parce qu’apprécier la personne que nous sommes, prendre conscience de toutes nos qualités, est essentiel si l’on souhaite que les émotions positives prennent place dans notre routine. Pour ma part, il y a un peu de tout de cette liste exhaustive que je viens d’énumérer, mais j’ajouterais également la fluidité du corps et de l’esprit, à travers le sport et la méditation. Certains canaux de notre corps ont besoin d’être libérés et ces deux pratiques me permettent de faire circuler les informations, d’être plus à l’aise avec mon corps et d’être consciente du « moment présent ». Le contact avec la Nature est également une merveilleuse thérapie pour la production d’émotions positives. A son contact, tout semble simple parce que nous retrouvons nos racines profondes. Ce n’est pas un « retour en arrière » comme certains pourraient penser. C’est un retour aux sources. Pas de masque, pas de fioritures. On constate humblement, que nous faisons partie de cet incroyable écosystème. Il y a une multitude de choses qui génèrent des pensées joyeuses et bienveillantes et qui peuvent nous aider alors, autant les utiliser, non ? 

Cultiver son jardin intérieur 

En observant un jardin, on aperçoit très vite les petits miracles qui se déroulent sous nos pieds pour exploser en couleurs et en senteurs autour de nous. Une petite graine, qui fait à peine, bien souvent, quelques millimètres, est enterrée dans l’obscurité, à quelques centimètres du sol. Arrosée consciencieusement et nourrie de soleil, elle initie son périple vers la lumière. Et en quelques jours, une tige émerge, fièrement dressée vers le ciel et prête à s’envelopper d’un feuillage et à fleurir. Peut-être l’obscurité l’a poussée à inventer des couleurs pour ses fleurs, pour vaincre la tristesse. Je nous compare parfois à des graines, des petites graines, pleines de possibilités qui ont besoin de choses très simples, très basiques, mais essentielles pour pouvoir se déployer. Prendre soin de nous, comme on prend soin des plantes, aboutit finalement, au même résultat, à savoir la floraison. Notre jardin intérieur, notre âme, a lui aussi besoin de soin. Il a lui aussi besoin d’une nourriture équilibrée et pleine de vie qu’on peut lui prodiguer à travers différents mécanismes. 

En observant un jardin, on aperçoit très vite les petits miracles qui se déroulent sous nos pieds pour exploser en couleurs et en senteurs autour de nous. Une petite graine, qui fait à peine, bien souvent, quelques millimètres, est enterrée dans 

l’obscurité, à quelques centimètres du sol. Arrosée consciencieusement et nourrie de soleil, elle initie son périple vers la lumière. Et en quelques jours, une tige émerge, fièrement dressée vers le ciel et prête à s’envelopper d’un feuillage et à fleurir. Peut-être l’obscurité l’a poussée à inventer des couleurs pour ses fleurs, pour vaincre la tristesse. Je nous compare parfois à des graines, des petites graines, pleines de possibilités qui ont besoin de choses très simples, très basiques, mais essentielles pour pouvoir se déployer. Prendre soin de nous, comme on prend soin des plantes, aboutit finalement, au même résultat, à savoir la floraison. Notre jardin intérieur, notre âme, a lui aussi besoin de soin. Il a lui aussi besoin d’une nourriture équilibrée et pleine de vie qu’on peut lui prodiguer à travers différents mécanismes. 

Lorsque ma deuxième maladie s’est déclarée, je l’ai laissée s’immiscer en moi car j’étais incapable de prendre soin de ce jardin. J’étais, à cette époque, inondée par le chagrin, la colère et la douleur. Ces émotions, accumulées, nourries, finissent par boire toute l’eau et ne laisser qu’un jardin sec et sans vie. Les fleurs ont pu repousser à nouveau lorsque j’ai décidé de me connaître davantage, de creuser le sol, d’arracher les mauvaises herbes pour déposer dans la terre, des graines, gorgée de mon intention d’aller bien et d’être heureuse. Le yoga, le reiki, la méditation, le contact avec la nature et la marche, la solitude, m’ont permis de créer ces graines et de faire pousser. Il y a toutes sortes d’outils à notre disposition qui nous permettent d’apprendre à nous « lire » un peu mieux, à éclairer notre véritable « moi », parfois dissimulé sous la pression du regard et des attentes des autres et de la société, sous les réalités du travail et/ou économiques, nos angoisses et nos peurs. Et ce n’est qu’en s’écoutant et en s’observant que de nombreuses réponses peuvent apparaitre. Ce n’est qu’en prenant soin de nous, physiquement, mentalement et spirituellement que nous pouvons créer et réinventer chaque jour une meilleure version de nous-même. Plus lumineuse, plus consciente, plus altruiste, plus patiente, plus forte. Mais pour cela, il faut s’ouvrir, ouvrir les brèches, laisser les entailles béantes prendre le soleil, et leur laisser l’occasion de se refermer. Peu importe par quel moyen, il y en a une multitude : méditation, yoga, sport, reiki, naturopathie, art, voyage, l’important est de prendre un moment pour soi, pour pouvoir accueillir les pensées et les inspirations. Il faut nourrir ce jardin et en prendre soin avec bienveillance, pour pouvoir, au fil du temps, récolter de magnifiques fleurs.

Comment vivre avec une maladie auto-immune ? 

  • • Qu’est-ce que c’est ? 

Une maladie auto-immune se définie par un dysfonctionnement du système immunitaire d’un individu. Si une immunité fonctionnant normalement permet de défendre l’organisme des agressions extérieures (virus, bactéries…), dans le sujet atteint, cette réponse est perturbée. Le système immunitaire perçoit alors le corps comme un danger potentiel, un agent pathogène, qu’il faut éliminer, poussant l’organisme à s’attaquer à lui-même. Maladie chronique, elle évolue tout au long de la vie de la personne avec des « poussées » (phase active de la maladie où les symptômes sont à leur apogée) et des « rémissions » (phase où le corps récupère et manifeste peu voire pas de symptômes). Elle se définit par une grande imprévisibilité : les crises peuvent se manifester à tout moment. Si elles sont encore rares, on observe toutefois une augmentation de personnes atteintes d’une ou plusieurs maladies. 

  • • Symptômes 

Comment se manifeste-t-elle ? Il n’y a pas de symptômes communs. Chaque maladie se manifeste différemment mais on observe, dans la plupart des cas, une fatigue extrême et des douleurs (tant en phase active qu’en rémission) 

  • • La cause ? 

La cause des maladies auto-immunes reste encore énigmatique à ce jour mais les spécialistes pointent vers des causes multifactorielles. Parmi elles, on retrouve la cause génétique, les hormones (une majorité des malades sont des femmes et le rôle des hormones est aujourd’hui observé par les scientifiques), l’environnement, virus/bactéries, l’hygiène de vie (une grande partie des malades se trouvent dans les pays développés : nourriture, antibiotiques, vaccins, auraient-ils un rôle à jouer ?). 

Parmi les maladies auto-immunes, on retrouve ainsi : le diabète, la sclérose en plaques, les maladies coeliaques, tyroïde de Hashimoto, hépatite auto-immune, lupus, maladie de crohn, vitiligo… 

  • • Traitement 

Il n’y a pas de traitement pour soigner ces maladies, qui restent à ce jour, incurables. En revanche, certains traitements sont prescrits pour bloquer la réaction immunitaire de l’organisme et ralentir la progression de la maladie. On retrouve l’administration de corticoïdes, d’immunosuppresseurs ou encore d’antimétabolites dans la plupart des sujets atteints d’une maladie auto-immune. Cependant, les effets secondaires de ces traitements peuvent être particulièrement importants (prise de poids, destruction des plaquettes, des protéines et de la structure osseuse, augmentation du risque d’infections et risque de développer d’autres maladies, notamment des cancers) et vont nécessiter parfois, un changement d’hygiène de vie (alimentation, rapport au corps, etc.). 

Une surveillance médicale est obligatoire afin de ne pas laisser l’organisme sans défense. 

Psychiquement parlant, qu’est-ce que ce type de diagnostic suppose ? Il est difficile, voire douloureux de prendre conscience que notre corps souhaite s’auto-détruire. Cette notion de destruction qui prend naissance à l’intérieur de nous, est compliquée à accepter. S’il est indéniable que plusieurs causes, combinées, sont à l’origine de leur apparition, devrait-on aussi se pencher du côté émotionnel ? C’est une théorie à laquelle je songe parfois et qui pourrait être examinée plus en détail. On sait aujourd’hui à quel point nos émotions et nos pensées peuvent avoir une véritable influence sur notre corps physique (Cf l’article «interdépendance corps/esprit » que j’ai publié sur ce site). Les émotions négatives à l’encontre de soi et du monde auraient-elles pu être emmagasinées en nous pour s’extirper à travers la manifestation de maladies ? Si aucune étude ne s’est réellement penchée sur la question, on peut néanmoins faire l’expérience à petite échelle de ces émotions (colère, rancoeur, tristesse…) qui finissent par générer des manifestations physiques : vertiges, sueurs, tremblements… A partir de ce constant, on peut considérer que les émotions négatives qui s’accumulent vont créer des blocages, des noeuds émotionnels qui vont empêcher une bonne circulation de notre énergie. En empêchant sa circulation, elle finit par stagner et c’est peut-être dans cette stagnation que certaines maladies peuvent se développer. C’est peut-être aussi dans la stagnation d’émotions négatives envers soi que les maladies auto-immunes 

pourraient se développer. Attention : Je ne dis pas que toutes les maladies auto-immunes sont le fruit d’une haine de soi, mais il est intéressant parfois, d’examiner toutes les causes qui ont permis l’émergence du problème. 

Maintenant qu’elle est là, comment faire ? Le diagnostic posé, c’est l’occasion, après avoir apaisé la colère, de changer de perception. Peut-être que notre corps a décidé d’agir sur lui comme un ennemi, mais nous pouvons refuser à notre mental de le percevoir aussi comme un ennemi. Evidemment, l’annonce d’une maladie est douloureux mais il faut aussi le voir comme une alerte de notre corps. Cette manifestation nous permet alors de nous repenser, d’analyser nos comportements et nos émotions et d’agir concrètement. 

Ainsi, être atteint d’une maladie auto-immune (et d’ailleurs d’une maladie tout court), c’est aussi l’occasion d’expérimenter une nouvelle façon de penser, un chemin de vie différent, de changer le paradigme dans lequel on s’est parfois embourbé. Lorsqu’on est atteint d’une maladie auto-immune, il faut cultiver la bienveillance envers soi (et les autres) et poser un regard doux sur les difficultés qui surviennent. Les crises surviendront, ça c’est un fait, en revanche, on peut transformer la façon dont on va les aborder. Et en l’absence aujourd’hui de traitement curatif, c’est à nous de puiser la force et l’énergie qui est nécessaire, pour 

s’inscrire dans un chemin de guérison lumineux pour pouvoir valser avec les crises avec clémence et douceur. 

Marisa Andreas-Salomé 

Son site : wetwildseed.wixsite.com/accueil

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *