« Gentille » n’est pas un compliment: oublier le besoin de faire plaisir

de | 4 septembre 2017

« Gentille » n'est pas un compliment: oublier le besoin de faire plaisir

Image crédit : shutterstock

« Gentille » n’est pas un compliment: oublier le besoin de faire plaisir

« Oser se fixer des limites, c’est avoir le courage de nous aimer nous-mêmes, même si nous risquons de décevoir les autres. » ~ Brene Brown

Quand j’étais dans la septième classe, j’ai déménagé dans une nouvelle ville et commencé une nouvelle année scolaire. J’étais saisie de frayeur à l’idée de naviguer dans ce nouveau monde sans un seul ami. Et si personne ne m’aimait?

À ma première semaine, au moment où je me dirigeais vers la cafétéria, deux filles m’ont appelé à leur table. J’ai poussé un soupir de soulagement, pensant peut-être que j’allais me faire une amie. J’ai affiché mon meilleur sourire, puis elles m’ont dit qu’elles voulaient me poser une question.

L’une d’elles m’a souri gentiment et m’a dit: « Nous nous demandions juste pourquoi tu te promenais toujours avec le nez en l’air. Penses-tu être meilleure que n’importe qui d’autre? ». Elles se moquèrent, se mirent à rire, et ajoutèrent quelques réflexions méchantes dont je ne me rappelle plus exactement.

J’étais anéantie. Je n’avais jamais été victime d’intimidation auparavant, et je n’avais aucune idée sur la façon de faire face à ce genre de situation. J’aurais voulu rassembler toutes mes forces à ce moment là et dire à ces filles ce que j’avais sur le coeur. Mais je ne l’ai pas fait.

Je sentis mon visage se noyer dans la chaleur et le dard du rejet oppresser ma poitrine. Et puis, je leur ai dit que j’étais désolée. Pour quelle raison, je n’en sais rien, mais j’ai donné des excuses gênantes et j’ai attendu qu’elles réalisent qu’elles avaient commises une erreur, et que je méritais leur approbation. Mais elles m’ont regardé silencieusement, un peu comme si j’étais une extraterrestre.

Je me rappellerais toujours de ce jour-là, car je me souviens clairement avoir ressenti que, pour être acceptée, il fallait que je sois différente. Je devais faire attention, et faire tout ce qu’il fallait pour éviter que les gens ne m’aiment pas. J’étais en bonne passe de devenir une personne qui cherche à faire plaisir de façon chronique.

Vingt-cinq ans plus tard, et j’ai toujours l’habitude de mettre inconsciemment une grande partie de mon énergie dans le fait de satisfaire les autres.

Dès mon plus jeune âge, j’ai toujours cherché à éviter les conflits, les situations inconfortables, et les paroles de colère.

Cela fait partie de ma nature de maintenir la paix. J’ai toujours parlé d’une voix fine et j’ai décidé assez tôt de ne pas rivaliser ma voix avec les hurlements. J’ai toujours essayé d’arranger les choses, et j’ai appris à polir efficacement les parties saillantes de la vie.

Je sais facilement passer en arrière-plan, être une observatrice, et une non-participante.

C’est ma zone de confort. Je ne ne suis pas une source d’ennuis.

Je cherche toujours à voir le bon côté des choses, pour l’acclamation dans les situations les plus sombres. C’est un instinct naturel de tenter d’apaiser l’inconfort d’autrui. Et si je ne peux l’uniformiser, j’aurais tendance à prendre du recul plutôt que de sauter au milieu d’un conflit épuisant. Fondamentalement, je suis ‘l’anti-colère’.

Cette façon d’être m’a bien servi dans de nombreuses situations. Cela m’a rendu objective. Cela m’a permis de rester calme et stable. Je suis profondément consciente de l’humeur des personnes qui m’entourent, peu importe la situation. Je reconnais facilement les complexités des interactions sous-jacentes. Je suis une véritable timide, et je trouve parfois plus de sens dans le silence que dans un million de mots prononcées.

Je suis reconnaissante d’avoir cette caractéristique, et j’ai souvent tendance à être réservée. Je suis également consciente que la plupart des gens me voient comme une personne très « gentille ». Mais après avoir entendu cela à si nombreuses reprises, je me suis aussi rendue compte que, cela n’était pas un compliment.

Voici la question que je me suis posée: Est-ce que « gentille » est l’héritage que je veux laisser à ce monde? Non, bien sûr. Je veux bien plus que cela.

La gentillesse est agréable. Elle est polie. Mais elle ne décrit pas nos valeurs. Cela n’indique pas où sont nos limites.

Quand je pense aux personnes que j’admire le plus, des êtres humains fantastiques me viennent à l’esprit. Mais honnêtement, la plupart d’entre eux ne sont certainement pas « gentils ». Ils ont du caractère et de l’intégrité. Ils sont compatissants et bons. Mais ce n’est certainement pas la même chose que la « gentillesses ». La compassion et la bonté nécessitent du courage et des limites. Tel n’est pas le cas avec la gentillesse.

J’ai appris, qu’afin d’être bon et compatissant, nous devons établir des limites claires et solides pour nous-mêmes. Sinon, être « gentil » entraînera au final du ressentiment, qui est le contraire de la compassion.

Comment pouvons-nous modifier cette façon d’être, lorsqu’on est si programmé à satisfaire? C’est un processus graduel qui constitue à désapprendre les règles que nous avons intériorisés pour être polis. Il s’agit de laisser libre cours à votre propre authenticité et de permettre au monde de ressentir pleinement votre vibration.

Brené Brown définit l’authenticité comme « la pratique quotidienne du lâcher-prise de la personne que nous pensons être et d’accueillir à bras ouverts qui nous sommes vraiment ». Nous devons trouver des moyens de libérer notre besoin chronique de plaire et le courage pour révéler notre véritable Soi.

La première étape pour restituer notre propre authenticité est de reconnaître quand nous la perdons de vue.

Avez-vous du ressentiment?

Le ressentiment est une alerte. Cela signifie généralement que vous n’avez pas établi de frontières, par peur de décevoir les autres.

Ensuite, analysez l’origine de ce ressentiment. Quelles limites n’ont pas été établies? Est-ce que quelque chose vous dérange à propos d’une situation que vous n’avez pas pleinement exprimée à quelqu’un? Avez-vous étouffé vos propres sentiments, afin d’éviter de nuire à quelqu’un d’autre?

Nous devons être claire envers nous-même au sujet de ce qui va et ne va pas afin que nous puissions communiquer cela à d’autres. Nous ne pouvons prendre de bonnes décisions que lorsque nous acceptons la réalité. Nous pouvons utiliser cette formule pour créer un dialogue avec nous-même. Écrivez-la. Soyez spécifique.

1. J’éprouve du ressentiment parce que …

2. Cela signifie que je n’ai pas manifesté clairement ma volonté au sujet de quelque chose qui me dérange. Voici la frontière qui a été floue …

3. Voici ce que je tolère …

4. Voici ce que je n’accepte pas …

Ce processus peut vous aider à distinguer si vos sentiments de ressentiment et de colère sont dirigés vers vous ou une autre personne. J’ai appris que le respect de soi, les limites et la compassion vont tous de pair. Eviter une situation ou vous enfuir des situations difficiles ne définit pas de limites claires. Bien que cela soit souvent le chemin le plus confortable, il a aussi tendance à susciter plus de ressentiment et de honte.

Être authentique demande du courage. Apprendre à surmonter l’inconfort qui vient du fait de définir des limites demande de prendre des risques. Nous risquons de semer la zizanie. Nous risquons d’être détestable. Mais je pense que le risque en vaut la chandelle si nous trouvons le respect pour nous-mêmes.

Alors, réclamons notre authenticité. Soyons courageux, réalistes et imparfaits. Soyons compatissants, bons et honnêtes. Parce que cela est bien plus honorant que le simple fait d’être « gentille », n’est-ce pas?

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