
Le comportement des personnes qui ne peuvent pas rester seules peut sembler étrange au premier abord, mais il est plus courant qu’on ne le pense. Selon les experts du Centre de psychologie Cecilia Cores, cette difficulté trouve souvent son origine dans des aspects émotionnels profonds et des expériences personnelles marquantes. Nombre d’individus développent ce schéma tout au long de leur vie, souvent sans en avoir conscience.
Contrairement à une simple préférence pour la compagnie des autres, ce besoin constant d’interaction peut refléter des traumatismes, des insécurités et des schémas appris dès l’enfance.
La psychologie explique qu’il existe plusieurs raisons pour lesquelles une personne peut craindre la solitude, et les comprendre est la première étape pour retrouver un équilibre. Il est essentiel de se rappeler que, si les interactions sociales sont importantes, savoir apprécier sa propre compagnie est un des fondements du bien-être émotionnel.
Les raisons qui expliquent la peur d’être seul

Une grande étude publiée dans Nature Communications montre que la manière dont une personne pense à la solitude influence directement ses émotions lorsqu’elle est seule. Des chercheurs ont réalisé plusieurs volets d’étude, dont une expérience d’échantillonnage d’expérience (experience sampling) sur 161 adultes sur deux semaines.
L’anxiété de séparation
Fréquente chez l’enfant mais également présente chez l’adulte, l’anxiété de séparation provoque un malaise intense en cas de solitude. Elle peut déclencher des symptômes physiques tels que tachycardie, oppression thoracique et sensation d’étouffement. Chez l’adulte, elle peut être liée à des traumatismes non résolus ou à une instabilité émotionnelle développée durant l’enfance.
La peur du rejet ou de l’abandon
La solitude peut faire ressurgir des souvenirs d’exclusion vécus avec des amis, la famille ou un partenaire. Cette souffrance émotionnelle pousse de nombreuses personnes à rechercher une compagnie constante pour éviter tout sentiment de vulnérabilité. Le vide laissé par ces expériences passées peut engendrer une forte dépendance affective.
Le sentiment de ne pas être capable

Les personnes ayant grandi dans un environnement surprotecteur ou ayant connu l’insécurité peuvent se croire incapables de gérer seules leurs problèmes. La solitude, dans ce cas, renforce un sentiment de fragilité et la peur de l’imprévisible, engendrant la conviction qu’être seul, c’est être en danger.
L’ennui et le manque de stimulation
Grandir dans un environnement constamment agité peut rendre le silence insupportable. Ne sachant que faire en l’absence de bruit ou de compagnie, ces personnes évitent toute situation de solitude. Cette difficulté est aggravée par un manque d’habitude à pratiquer des activités introspectives, comme la lecture ou la méditation.
Le besoin de connexion sociale constante
À l’ère des réseaux sociaux, nombreuses sont les personnes qui craignent d’être « mises à l’écart ». Être déconnecté peut générer de l’anxiété, renforçant l’idée que la solitude rime avec exclusion. La peur de manquer quelque chose (FOMO) est un phénomène courant de nos jours.
La psychologie et la conscience de soi face à la solitude

La psychologie propose des pratiques qui favorisent la conscience de soi et contribuent à transformer le rapport au silence intérieur.
1. Validez vos sentiments
Reconnaître que la peur de la solitude est légitime est une étape importante. En parler avec un psychologue ou même avec des amis de confiance peut apporter un soulagement et créer un espace propice à la guérison.
Comprendre l’origine de cette peur permet de modifier nos croyances et d’atténuer la culpabilité liée au malaise. Ce dialogue intérieur est essentiel pour rompre le cycle de la dépendance affective.
2. Évaluez votre relation avec la technologie
L’usage excessif des réseaux sociaux peut intensifier le sentiment d’isolement. Lorsque le temps passé en ligne remplace les interactions sociales réelles, la peur de la solitude a tendance à s’amplifier.
Fixez-vous des limites pour votre utilisation des outils numériques et évaluez l’impact des contenus que vous consommez sur votre bien-être. Recherchez des interactions enrichissantes en dehors du monde virtuel pour renforcer votre estime de soi.
3. Engagez-vous dans le monde réel

Le bénévolat est un excellent moyen de tisser des liens sociaux. Aider dans des refuges pour animaux, des soupes populaires ou des associations caritatives renforce le sentiment d’appartenance et élargit son cercle de relations humaines. De plus, cela procure un sentiment d’utilité, ce qui réduit considérablement l’anxiété liée à la solitude.
Réflexion finale
L’incapacité à être seul n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt le reflet de besoins affectifs non comblés. Avec du soutien et la volonté de s’engager dans un travail d’introspection, il est possible de transformer la peur de la solitude en moments de paix et de reconnexion à soi.
Trouver cet équilibre est une étape essentielle vers des relations plus saines et une vie émotionnelle plus stable. Le chemin peut être semé d’embûches, mais les bienfaits de l’autonomie émotionnelle sont durables et libérateurs.

