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Depositphotos/ artiste : grandfailure

«L’amour et la compassion sont des nécessités, pas du luxe. Sans eux l’humanité ne peut pas survivre. » ~ Dalaï Lama.

Ce n’est qu’à la mort de mon père que j’ai pu ressentir son amour et avoir cette relation père-fils dont j’avais rêvé toute ma vie. 

Ce n’est qu’à sa mort que j’ai pu apprendre et ressentir vraiment de la compassion – pour lui et pour moi.

J’ai toujours su que la compassion pour les autres était une bonne chose. Nous le savons tous. Mais ce n’est que lorsque je l’ai vraiment ressentie que j’ai pu créer un profond sentiment de guérison.

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Mon père et moi avons toujours eu une relation étrange, sans communication, pour mon père, j’étais nourri, blanchi et j’avais un toit c’était amplement suffisant. Mon père avait une âme tourmentée, et il était incapable d’être le père qu’il voulait être. J’avais de la compassion pour ça. Je l’ai accepté et je n’ai pas pu être le fils que j’aurais voulu être. C’était comme s’il y avait un mur entre nous et nous étions incapables de nous connecter en tant que père et fils.

Je me suis souvenu de toutes les fois où ses promesses n’ont pas été tenues. Je me suis souvenu de toutes les fois où il m’avait crié dessus quand j’étais enfant. Je me suis souvenu de toutes les fois où il m’avait rabaissé. Mais je me suis aussi souvenu des bons moments, bien sûr, mais ils étaient fugaces, et ils étaient passés trop vite.

Je me suis souvenu quand il m’a dit qu’il n’avait plus longtemps à vivre; il luttait contre un cancer de la gorge, il payait le fait d’avoir bu et fumé toute sa vie pour faire face à tout ce poids sur ses épaules.

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Je me suis souvenu de mes visites quotidiennes en soins palliatifs et de mon espoir qu’il serait bientôt sorti, et qu’il retrouverait sa vie d’avant.

Je me suis souvenu de l’avoir vu deux semaines plus tard, lors de sa dernière nuit, et je me suis demandé à quoi il pensait, je me demandais ce qu’il ressentait pendant ce dernier souffle, sachant que le soulagement allait enfin arriver.

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Les vagues de chagrin m’ont frappé de plus en plus fort, jusqu’à ce que, plus d’un an plus tard, je me retrouve encore à pleurer pendant pendant deux jours d’affilée.

Je pensais qu’il n’avait jamais pu vivre la vie qu’il aurait voulu vivre. J’ai ressenti son traumatisme. Il y avait beaucoup de tristesse en moi. Je n’ai pas eu un père vraiment présent car son travail de boulanger lui prenait tout son temps. Mais tous mes sentiments pour lui étaient confus.

Il n’y avait pas de mots. La tristesse que je ressentais pour lui et la tristesse que je ressentais pour moi-même avaient fusionné dans un chaos total. Mon corps était incapable de tout traiter.

Un jour, alors que je me souvenais d’une période difficile, j’ai décidé de me rappeler de que je voulais lorsque j’était enfant. Tout ce que je voulais vraiment, c’était être compris et reconnu. Alors, m’adressant à ma version enfantine, à ce moment-là, je lui ai dit: Je te vois. Je t’entends. Je te comprends.

J’ai ressenti un profond soulagement!

Je me suis répété cette phrase en tant qu’enfant encore et encore jusqu’à ce que je sente mon corps s’adoucir.

Je te vois. Je t’entends. Je te comprends.

Je me sentais bien. J’étais en sécurité. J’étais vu. J’étais entendu. J’étais compris. Je pouvais enfin lâcher prise et respirer.

Mais j’ai réalisé qu’à ce moment-là, mon père avait également besoin d’être vu, entendu et compris.

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Alors je lui ai donné ce que je me suis donné.

Je lui ai dit: je te vois. Je t’entends. Je te comprends.

Je l’ai répété encore et encore jusqu’à ce que je le sente se détendre, se relâcher et enfin respirer. 

Nous nous sommes sentis tous les deux plus légers et plus libres que jamais auparavant. La tristesse, la lourdeur, les ténèbres ont tout simplement disparu.

Je savais que j’étais sur la bonne voie, alors je me suis rappelé de divers moments dans le temps, y compris l’enfance de mon père quand il avait peur et qu’il était traumatisé, et y compris pendant ses derniers jours où il savait qu’il était en train de mourir. Je me suis dit, et j’ai dit à mon père, ces paroles de compassion, que je me suis surpris à employer les mots suivants:

Je te vois.
Je t’entends.
Je te comprends.
Je t’honore.
Je t’aime.
Je te remercie.

En disant chacune de ces phrases, je voulais dire chaque mot avec chaque cellule de mon corps, et je l’ai vraiment ressenti au plus profond de moi.

Il était important pour moi de lui donner de l’amour et de le remercier, car pour lui et pour moi-même, ces différents moments sont l’opportunité d’élargir ma capacité d’amour et de compassion.

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J’ai découvert que lorsque je suis dans un état d’amour et de compassion en constante expansion, je peux me sentir vraiment libre. Et pour cela, je suis vraiment reconnaissant.

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Élargir notre capacité d’amour et de compassion envers nous-mêmes et envers ceux qui nous ont blessés, élargit également notre capacité d’amour et de compassion envers tout le monde et l’univers. Je crois vraiment que si chacun élargissait de manière proactive sa capacité d’amour et de compassion, le monde ne serait pas seulement un meilleur endroit, ce serait l’endroit idéal.

J’ai trouvé des utilisations pour ça au-delà du chagrin, au-delà de notre propre guérison et au-delà de la guérison pour d’autres personnes. J’ai même trouvé que l’utilisation de ce chant de compassion était utile pour faire face à la culpabilité de tout et pour tout le monde – pour les personnes souffrant de rage au volant, pour les animaux en cage cruellement traités dans ce monde, pour les injustices dans le monde.

Je suis maintenant convaincu que le but de toute blessure est de nous enseigner l’amour et la compassion. Car si nous ne pouvons pas grandir à partir de ça, alors il n’y a aucun sens à cela. Et si nous pouvons tous grandir à partir de ça, alors l’humanité dans son ensemble en sortira grandie.

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Je sais que je suis particulièrement chanceux avec mon éducation de la classe moyenne, et je sais qu’il peut me sembler très facile de dire que la compassion fait tourner le monde , mais j’ai aussi connu de grands tourments et chagrins. Je l’ai ressenti avec chaque cellule de mon corps. Et je sais que cette simple pratique m’a aidé à me rendre plus doux et à me libérer de la dissonance entre mon cœur et mon esprit.

Si vous ressentez de la peine, de la douleur ou un chagrin d’amour, je vous encourage à essayer ces paroles de compassion pour vous-même. À dire chaque mot. À ressentir chaque mot lorsque vous les dites. Répétez-les encore et encore, aussi souvent que nécessaire, jusqu’à ce que vous sentiez votre corps se détendre:

Je te vois.
Je t’entends.
Je te comprends.
Je t’honore.
Je t’aime.
Je te remercie.

Dites-les à vous-même quand vous les ressentez dans le moment présent. Dites-les à vous-même pour votre passé. Dites-les aux gens qui vous font du mal. Dites-les aux personnes qui vous ont blessé dans le passé.

Ressentez votre corps et votre esprit s’adoucir. Ressentez votre âme devenir plus en paix.  Laissez votre capacité d’amour et de compassion prendre plus d’ampleur. Offrez-vous ce cadeau pour vous libérer.