
Il y a une raison pour laquelle certaines histoires restent gravées dans notre mémoire. Le récit du voyageur solitaire qui disparaît dans la nature et revient transformé. Le gardien de la tradition qui maintient le centre tandis que tout autour de lui change. Le perturbateur qui détruit ce que les autres ont construit — non par méchanceté, mais par conviction qu’une chose meilleure est possible.
Ces récits ne sont pas seulement divertissants. Selon un nombre croissant de recherches en psychologie de la personnalité, ce sont des modèles structurels — des schémas récurrents qui correspondent, avec une précision surprenante, à la manière dont les individus naviguent réellement dans le monde.

Si vous êtes curieux de savoir quelle « histoire mythique » vous définit le mieux, j’ai préparé un court quiz, le Mythic Archetype Test, basé sur ce cadre. Il prend environ soixante secondes et vous attribuera l’un des plusieurs archétypes — chacun fondé sur des dimensions de personnalité mesurables plutôt que sur le folklore ou l’intuition. Vous pouvez faire le test ici, le lien est en bas de page.
Mais le quiz n’est vraiment qu’un point de départ. La question plus intéressante est de savoir pourquoi ces schémas existent et ce que la science de la personnalité révèle sur l’architecture qui les sous-tend.
Pourquoi les histoires anciennes apparaissent-elles encore en psychologie moderne ?

L’idée selon laquelle les êtres humains sont attirés par un nombre limité de rôles archétypaux n’est pas nouvelle. Carl Jung a proposé, au début du XXᵉ siècle, que le psychisme contient des modèles symboliques universels qui se répètent à travers les cultures et les siècles. Le cadre de Jung était surtout théorique et, pendant des décennies, il est resté en marge de la psychologie dominante, respecté comme une contribution littéraire et philosophique, mais difficile à tester empiriquement.
Ce qui a changé, ce n’est pas l’intuition de Jung, mais notre capacité à mesurer les dimensions sous-jacentes à partir desquelles ces archétypes semblent construits.
La psychologie moderne de la personnalité a convergé, au fil de décennies de recherches interculturelles, vers un modèle appelé les Big Five — cinq grandes dimensions relativement stables qui expliquent la majorité des différences observables entre les individus.
Ces dimensions — ouverture à l’expérience, conscience, extraversion, agréabilité et neuroticisme (souvent reformulé comme stabilité émotionnelle) — ne sont pas des catégories fixes. Ce sont des axes. Les individus ne se trouvent pas simplement dans des cases « haute ouverture » ou « faible ouverture ». Ils occupent des positions le long de spectres continus, et c’est la combinaison de ces positions sur les cinq axes qui produit la richesse de la personnalité individuelle.
L’aspect fascinant apparaît lorsque l’on superpose ces deux cadres : les rôles archétypaux que les cultures racontent depuis des milliers d’années tendent à se regrouper autour de régions spécifiques de l’espace des Big Five.
L’archétype du chercheur solitaire — celui qui se retire de la société pour poursuivre une vérité intérieure — correspond peut-être à une forte ouverture à l’expérience, en particulier la faculté d’absorption, combinée à une faible extraversion et à un faible besoin d’approbation sociale. L’archétype du gardien — celui qui protège et soutient — correspond à une grande conscience et à une forte agréabilité. Ces correspondances ne sont pas arbitraires. Elles reflètent de véritables profils psychologiques.
Les trois dimensions de personnalité les plus importantes

Pour le quiz, j’ai réduit le cadre à trois dimensions à la fois empiriquement fondées et, surtout, proches de l’orthogonalité — c’est-à-dire qu’elles mesurent des aspects largement indépendants. Cela est important car, si vos axes sont corrélés, vous obtenez des catégories redondantes.
La première dimension concerne le lieu où le sens est généré : interne ou externe. Certaines personnes traitent le monde principalement par la réflexion, l’introspection et une attention soutenue à leurs états internes. D’autres sont stimulées par l’action et l’interaction avec leur environnement. La recherche sur l’introversion et l’extraversion est bien établie à ce sujet, mais la distinction pertinente ne concerne pas la préférence sociale en soi. Il s’agit de la direction du processus de création de sens.
La deuxième dimension concerne la relation au changement. Certaines personnes recherchent la stabilité. D’autres sont attirées par la transformation — la nouveauté, la disruption et la conviction que notre compréhension actuelle est toujours incomplète. Les recherches sur le « besoin de clôture » versus la « tolérance à l’ambiguïté » reflètent bien cette dimension. Aucune orientation n’est intrinsèquement meilleure ou plus saine. Chaque profil est adapté à différents environnements et types de problèmes.
La troisième dimension concerne l’étendue de l’identité, c’est-à-dire si le sens profond d’une personne est orienté vers le collectif ou vers l’individu. Ce n’est pas la même chose que l’égoïsme ou l’altruisme. Une personne centrée sur elle-même peut être généreuse et bienveillante. La distinction réside dans le fait que son sens fondamental de la signification ne dépend pas de l’appartenance à un groupe ou à un objectif partagé. Elle le trouve dans sa propre trajectoire. Une personne orientée vers le collectif, en revanche, se sent pleinement elle-même lorsqu’elle contribue à quelque chose de plus grand — une communauté, une cause ou une tradition.
En combinant ces dimensions, on obtient des profils psychologiquement cohérents — des façons reconnaissables de se mouvoir dans le monde.
Pourquoi les archétypes sont utiles

Penser en termes d’archétypes, plutôt que de simplement lister des scores aux Big Five, est utile car les archétypes sont narrativement compréhensibles. Les êtres humains se comprennent à travers des histoires. Nous ne pensons pas naturellement en tant que point sur un graphe à cinq dimensions. Le cadre archétypal ne remplace pas la précision scientifique des traits de personnalité. Il traduit cette précision dans une forme que l’esprit peut réellement appréhender.
Quelques précautions méritent toutefois d’être précisées. La personnalité n’est pas une fatalité. Ces archétypes décrivent des tendances, non des identités fixes. La plupart des gens reconnaîtront des éléments de plusieurs archétypes en eux-mêmes, et les recherches sur le développement de la personnalité montrent que l’on évolue le long de ces dimensions au cours de la vie.
Il est également important de noter qu’aucun test de personnalité ne peut capturer toute la complexité d’un individu. Ce quiz n’offre pas une évaluation clinique. Il constitue un point de départ — un moyen de se demander, de manière rapide et concrète, lequel de plusieurs « orientations mythiques » fondamentales vous semble le plus vivant à ce moment précis.
Pour beaucoup, cette question s’avère plus intéressante qu’ils ne l’avaient prévu.
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