
Comprendre pourquoi certaines personnes évitent le contact visuel lorsqu’elles parlent, quels facteurs peuvent être impliqués et comment observer ce comportement dans un contexte plus large. Le contact visuel en dit bien plus sur une personne qu’on ne l’imagine.
Élément essentiel de la communication non verbale, le fait d’éviter ou de détourner le regard peut revêtir diverses significations selon le contexte social. Mais que signifie exactement le geste de détourner le regard ? Et que communiquons-nous à l’autre personne lorsque nous faisons de même ?
Timidité ou anxiété sociale

Dans de nombreuses situations, éviter le contact visuel peut être un signe de timidité ou d’introversion. Les personnes timides communiquent souvent plus facilement sans regarder autrui dans les yeux, ce qui peut s’accompagner d’autres comportements comme parler à voix basse, rougir facilement ou se fondre dans la masse.
La timidité, en soi, peut être un phénomène anodin, mais elle peut aussi masquer une peur intense du jugement d’autrui, engendrant ainsi une anxiété sociale.
Ce trouble se manifeste souvent par des comportements tels que le fait d’éviter le regard, de rougir ou de transpirer, notamment dans les situations où le contact visuel ou l’interaction sociale provoque un malaise.
Des recherches ont montré que les personnes souffrant d’anxiété sociale ont tendance à percevoir plus souvent que d’autres regardent leurs yeux et éprouvent une réelle appréhension face au contact visuel direct, ce qui est associé à des niveaux élevés de peur sociale lors des interactions sociales en direct.
Troubles du spectre autistique (TSA)
La surcharge sensorielle qui se produit lorsque nous nous regardons dans les yeux peut être très stimulante, physiquement et émotionnellement, pour les personnes atteintes de troubles du spectre autistique.
Des études utilisant des techniques d’eye‑tracking montrent que, lors d’interactions sociales en face‑à‑face, les adultes autistes tendent à rompre le contact visuel plus souvent que les personnes neurotypiques, ce qui contribue à une réduction globale du regard direct.
Cacher quelque chose

Les yeux sont considérés comme le miroir de l’âme, car ils sont très révélateurs et difficiles à maîtriser. Si quelqu’un nous plaît, si nous avons fait quelque chose que nous préférons ne pas évoquer, ou si nous cachons un secret, il devient plus facile de parler sans regarder l’autre dans les yeux.
Détourner le regard est souvent plus confortable que fixer l’autre personne droit dans les yeux, surtout lorsqu’on essaie de cacher quelque chose.
Inconfort
Si votre interlocuteur ne vous regarde pas dans les yeux, cela peut également indiquer un malaise ou un désintérêt. Il existe toutefois une différence importante entre ces deux situations : une réunion avec un supérieur hiérarchique n’est pas comparable à une discussion avec un collègue. Dans les deux cas, détourner le regard peut être une réaction à un inconfort ou à un désintérêt.
Symptômes dépressifs

Les personnes présentant des symptômes dépressifs ont tendance à maintenir le contact visuel moins longtemps que celles qui n’en présentent pas. Cette observation provient d’études montrant que ces individus détournent le regard plus fréquemment.
La littérature clinique montre en effet que des patients souffrant de dépression ont tendance à éviter le regard direct dans les interactions, ce qui peut contribuer à des difficultés d’interaction sociale et à un retrait social plus prononcé.
Réflexion et concentration
Lors d’une conversation, il est fréquent de détourner le regard pendant que l’interlocuteur maintient le contact visuel. Cela s’explique par le fait que, pour accéder aux informations que nous allons partager, nous regardons au loin ou vers un point extérieur afin de nous concentrer sur nos pensées.
Si nous fixons l’autre personne dans les yeux pendant que nous cherchons nos mots ou réfléchissons, nous risquons d’être distraits et de perdre notre concentration.
Conclusion

En somme, le contact visuel est bien plus qu’un simple geste : il révèle des émotions, des traits de personnalité et parfois des difficultés psychologiques ou neurodéveloppementales.
Détourner le regard peut refléter de la timidité, de l’anxiété, un inconfort momentané, des stratégies cognitives ou des traits propres à certaines conditions comme les troubles du spectre autistique ou les symptômes dépressifs.
Ce geste n’est jamais un signe isolé : il doit être interprété dans le contexte global de la communication non verbale, en prenant en compte les autres signaux (gestuelle, ton de la voix, posture, etc.) pour mieux comprendre l’état émotionnel de notre interlocuteur et adapter notre communication de manière plus empathique et respectueuse.

