
Cette phrase « L’imagination est plus importante que le savoir. » est souvent attribuée à Albert Einstein, mais la version exacte est simplifiée. Einstein a bien exprimé une idée proche dans une interview de 1929 : il disait en substance que « l’imagination est plus importante que le savoir », car le savoir est limité alors que l’imagination permet de tout créer. Tous les étudiants l’ont entendu au moins une fois, généralement à l’approche des examens : « Ne laissez pas tout pour la veille. » Cela ressemble à un conseil scolaire banal, mais une vieille citation attribuée à Albert Einstein lui donne une aura particulière.
« L’éducation, c’est ce qui reste quand on a tout oublié de l’école », écrivait Einstein dans son essai « Sur l’éducation » de 1936, en attribuant l’idée à un esprit brillant non identifié. Cette citation est souvent abrégée et reprise pour critiquer la mémorisation, mais sa véritable portée aujourd’hui est peut-être plus simple. Un apprentissage durable consiste moins à bourrer son esprit de faits qu’à l’entraîner à penser, à se souvenir, à faire des liens et à garder son calme sous pression.
Einstein ne prétendait pas que les faits n’avaient aucune importance. Après tout, la physique ne repose pas sur l’intuition. Ce à quoi il s’opposait, c’était l’idée que l’éducation devait former les élèves à obéir et à répéter plutôt qu’à questionner et à comprendre. Cette opinion rejoint une autre citation célèbre d’Einstein : « L’imagination est plus importante que le savoir. » Les chercheurs en citations font remonter cette déclaration à une interview de 1929, où Einstein présentait l’imagination comme une véritable force dans la pensée scientifique, et non comme une simple rêverie.
Concrètement, cela signifie qu’un étudiant capable d’expliquer une idée, de la tester et de l’utiliser dans une nouvelle situation sera peut-être mieux préparé qu’un étudiant capable de réciter parfaitement un paragraphe à minuit et de l’oublier au petit-déjeuner.
Pourquoi bachoter donne l’impression d’être productif

Le bachotage présente un avantage majeur : il donne l’impression de progresser. On surligne des pages, on relit ses notes, et pendant quelques heures, le cerveau reconnaît si vite les mots familiers qu’on a l’impression de maîtriser la matière.
Le problème, c’est que la reconnaissance ne se confond pas avec la restitution. Un étudiant peut se sentir à l’aise en lisant une page, puis se figer lorsque la même idée apparaît sous forme de question à choix multiples dans un examen. Qui n’a jamais ressenti cette petite panique ?
Une importante étude publiée dans la revue Psychological Science in the Public Interest a révélé que deux techniques se sont avérées les plus efficaces pour différents apprenants et supports pédagogiques : les tests d’entraînement et la pratique répartie, c’est-à-dire étudier de manière progressive plutôt que de façon intensive en une seule fois.
Le cerveau aime récupérer
Une étude menée en classe en 2025 illustre concrètement cette idée. Les chercheurs ont travaillé avec 33 enfants de 10 à 11 ans, en classe de CM2 italien, dans le cadre de cours d’histoire, en utilisant du matériel scolaire réel plutôt que des listes de vocabulaire artificielles.
Certains élèves ont relu le texte, tandis que d’autres ont utilisé des exercices à trous avec correction. Lors des premières phases, le groupe ayant utilisé les exercices a obtenu un score de 67,0 % aux tests à questions ouvertes ultérieurs, contre 48,6 % pour le groupe ayant relu le texte. Lors d’une autre phase, le groupe ayant utilisé les exercices a obtenu un score de 67,7 %, tandis que le groupe ayant relu le texte a obtenu un score de 41,3 %.
Il ne s’agit pas d’un tour de magie. Il s’agit simplement de demander au cerveau de faire exactement ce qu’il devra faire plus tard : extraire l’information, la vérifier, corriger l’erreur et réessayer.
C’est aussi une question de santé

Les habitudes d’étude peuvent sembler relever du domaine de l’éducation, mais elles concernent aussi le bien-être. Étudier à la dernière minute empiète souvent sur le sommeil, augmente le stress et transforme l’apprentissage en une course contre la montre. C’est éprouvant pour le mental.
Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), les élèves ont besoin de suffisamment de sommeil pour rester concentrés, améliorer leur attention et favoriser leur réussite scolaire. Ils indiquent également que, dans un échantillon national, environ 7 lycéens sur 10 ne dorment pas suffisamment les soirs de semaine.
C’est important, car un cerveau fatigué ne se contente pas de se sentir plus mal. Il en subit également les conséquences au niveau de l’attention, de l’humeur et de la mémoire. La veille d’un examen, une heure supplémentaire de relecture frénétique risque d’être moins efficace qu’une bonne nuit de sommeil et une brève révision le lendemain matin.
Qu’est-ce qui fonctionne le mieux ?
Alors, que devraient faire les étudiants ? Commencer par de petites choses. Quelques questions après le cours, un rapide auto-test deux jours plus tard et une autre révision avant l’examen peuvent être plus efficaces qu’une longue séance stressante avec un surligneur.
Les fiches de révision peuvent être utiles, mais seulement si elles sont utilisées activement. Regarder la réponse trop tôt transforme l’exercice en simple relecture. Cacher la réponse, essayer de la retrouver, puis la vérifier est une méthode plus efficace pour apprendre.
Parents et adultes peuvent également utiliser cette méthode. Apprendre une nouvelle langue, se préparer à une certification, mémoriser des consignes de santé ou répéter une présentation professionnelle : tout cela repose sur le même principe de base. Des efforts courts et répétés sont généralement plus efficaces qu’un effort intense et épuisant.
La curiosité compte « L’imagination est plus importante que le savoir. »

Le message éducatif d’Einstein met également en lumière un aspect qui ne se prête pas à une évaluation formelle : la curiosité stimule l’esprit. Elle interroge le pourquoi, et non seulement le quoi.
Cela a des conséquences importantes sur la santé et la vie quotidienne. Une personne qui mémorise une liste d’« aliments sains » peut avoir du mal à composer ses repas, à faire ses courses en respectant un budget ou à comprendre l’influence des fibres, des protéines et du sommeil sur l’énergie. Une personne capable de réfléchir peut s’adapter aux aléas de la vie.
Au final, c’est peut-être là le véritable sens de l’éducation durable : non pas retenir chaque phrase apprise à l’école, mais conserver les habitudes qui permettent de résoudre les problèmes futurs.
La leçon pour l’apprentissage quotidien

La vieille mise en garde d’Einstein concernant l’apprentissage en classe nous parle encore aujourd’hui, car elle fait écho à une frustration bien connue. Nous passons des années à apprendre, puis nous voyons une grande partie de ces connaissances s’estomper. Mais cela ne signifie pas que l’école est inutile, ni que la mémoire est condamnée.
La leçon la plus importante à retenir est que le cerveau a besoin de meilleures routines. La récupération des informations, l’espacement des révisions, le sommeil et la curiosité ne sont pas des activités spectaculaires, mais elles agissent ensemble comme un programme d’entraînement discret pour l’esprit.
Alors oui, les faits sont importants. Mais le véritable atout, c’est de savoir quoi en faire une fois la feuille d’exercices rangée, l’examen terminé, et quand la vie nous confronte à des défis plus complexes.

