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On ne rattrape pas le temps perdu. Mais il nous est toujours possible de cesser d’en perdre

« On ne peut rattraper le temps perdu, mais on peut cesser de le gaspiller. »

Cette vérité, simple en apparence, engage pourtant toute une manière de vivre. Car perdre son temps ne signifie pas seulement laisser filer les heures, mais s’éloigner de soi-même. Se disperser. Se trahir. La vie n’est pas trop courte en elle-même; elle le devient lorsque nous la livrons à ce qui n’a pas de poids, et à ce qui ne nous concerne pas vraiment.

Le temps n’est pas une ressource infinie, mais une toile à tisser avec intention.

Nous passons une grande partie de notre existence à paraître plutôt qu’à être, à nous adapter plutôt qu’à habiter pleinement notre place, et à lutter plutôt qu’à consentir. Nous forçons, nous résistons, nous nous comparons aux autres. Et dans ce mouvement incessant, nous confondons agitation et vitalité, remplissage et accomplissement.

Or, il n’est pas nécessaire de lutter pour vivre. Il est souvent plus juste de déposer les armes. D’abandonner les combats imaginaires que nous menons contre nous-mêmes. La paix n’est pas un but lointain. Elle commence au moment précis où l’on cesse de se diviser intérieurement. Être en paix ce n’est pas fuir le monde, mais habiter sa vie sans se renier.

« La plupart des gens ne vivent pas, ils survivent à leur propre vie. » – Henry David Thoreau

Vivre, alors, devient un acte simple et exigeant. On commence à faire davantage ce que l’on aime, auprès de ceux qui nous aiment, dans un lieu qui ne nous trahit pas et qui est en accord avec ce que nous sommes réellement. Il est important de prendre son temps non par paresse, mais par justesse. Car prendre son temps, c’est refuser la dispersion. Et refuser la dispersion, c’est déjà retrouver la maîtrise de sa vie.

Sénèque nous avertissait:

Ce n’est pas la durée de l’existence qui fait sa richesse, mais l’usage que nous en faisons. Une vie peut être longue et vide, ou brève et pleine. Lorsque nous prenons possession de notre temps, il est suffisant. Lorsque nous le laissons être accaparé par l’inutile, il nous échappe, et avec lui le sentiment d’avoir vécu.

L’erreur la plus courante consiste à croire que l’occupation est une vertu. Nous nous rassurons en étant constamment sollicités, et en croyant que nous sommes nécessaires. Mais l’activité n’est pas le critère d’une vie accomplie. On peut agir sans relâche et pourtant manquer l’essentiel. L’agitation peut être une fuite, et le bruit une manière d’éviter le face-à-face avec soi.

Vivre véritablement exige au contraire de la conscience. Agir non par automatisme, mais par discernement. Choisir des actes qui ont un sens, non parce qu’ils sont valorisés extérieurement, mais parce qu’ils correspondent à ce que nous jugeons digne de notre temps.

Il existe une question fondatrice, à la fois simple et redoutable :

« Ce à quoi je consacre mon énergie me rapproche-t-il ou m’éloigne-t-il de moi-même? »

Tant que cette question n’est pas posée, la vie se déroule en pilotage automatique. Mais dès qu’elle surgit, elle opère un tri. Elle révèle le gaspillage invisible tel que les obligations vides, les habitudes anesthésiantes, et les pensées répétitives qui consument l’esprit sans jamais l’éclairer.

Dans la tradition stoïcienne, le gaspillage n’est pas seulement matériel, il est existentiel. Il set dans tout ce qui mobilise nos forces sans contribuer à notre vertu et à notre tranquillité intérieure. Multiplier les tâches, dire oui par crainte, s’inquiéter de ce qui ne dépend pas de nous, sont là autant de manières de dilapider sa vie.

Apprendre à vivre, c’est donc apprendre à retrancher

Non par dureté, mais par fidélité à soi. Il ne s’agit pas de tout rejeter, mais de distinguer et de reconnaître ce qui nous nourrit de ce qui nous épuise. Ce qui nous éclaire de ce qui nous encombre.

Ce travail ne se fait pas dans la brutalité. Il se fait dans la durée et par des renoncements modestes mais répétés. Par une limite posée, un refus assumé, ou une habitude remplacée. Chaque renoncement juste rend un peu plus de liberté. Chaque choix conscient rétablit un peu plus d’ordre intérieur.

Et progressivement. Peu à peu. Le temps cesse d’être un ennemi, et devient un allié. Il n’est alors plus une ressource à exploiter, mais un espace à habiter. La vie se simplifie, non parce qu’elle est appauvrie, mais parce qu’elle est clarifiée, riche de sens.

Il arrive alors un moment, et il est décisif, où l’on comprend que dire non n’est pas un rejet, mais une affirmation. Dire non à ce qui ne compte pas, c’est dire oui à ce qui mérite notre présence. Ce n’est pas de l’arrogance, mais de la lucidité. Comme l’exprimait justement Meryl Streep, ce refus naît d’une maturité intérieure: celle de ne plus vouloir offrir son temps à ce qui blesse, diminue ou détourne de l’essentiel.

« Ce n’est pas le manque de temps qui nous empêche d’avancer, mais le temps que nous gaspillons à faire des choses qui n’en valent pas la peine. » – Cal Newport

Car le temps est la seule chose que nous ne pouvons pas récupérer. Le perdre, c’est se perdre un peu soi-même. Le reprendre en main, c’est retrouver sa dignité d’être pensant et vivant. Notez que le lâcher prise n’est pas une perte, mais un gain. Une vie pleine de sens ne se construit pas en accumulant les choses ou les connaissances, mais en épurant certains éléments tout en gardant ce qui résonne avec vous, et en libérant ce qui vous étouffe.

Cesser de perdre son temps n’est donc pas une technique de productivité. C’est un choix philosophique. Un acte fort de liberté!

« La qualité de votre vie dépend de la qualité de vos questions. » – Tony Robbins 

Voici quelques éléments à garder à l’esprit pour éviter de perdre votre temps:

  • Demandez-vous: – Quels moments au cours de cette semaine m’ont fait me sentir vivant.e? (ex: un fou rire avec un ami, un projet créatif)
  • Quels moments vous ont laissé épuisé? (ex: une discussion stérile, une tâche administrative interminable)
  • Choisissez une seule chose à éliminer ou réduire la semaine suivante.
  • Remplacez une habitude drainante par une micro-joie (ex: 10 minutes de méditation au lieu de vérifier ses emails au réveil).
  • Prenez une feuille et tracez une ligne au milieu. À gauche: « Ce qui me nourrit » (ex: écrire, danser, passer du temps avec un être cher). À droite: « Ce qui vous draine » (ex: les réunions inutiles, les conflits évitables, les tâches administratives chronophages). Ensuite, éliminez une chose de la colonne de droite cette semaine. Ajouter une chose de la colonne de gauche à votre agenda.

« La discipline, c’est de se rappeler ce que l’on veut vraiment. » – Marie Forleo

En réduisant le superflu, vous ne gagnez pas seulement du temps, vous gagnez aussi de la liberté. Vos relations deviennent plus profondes, car vous investissez dans celles qui comptent. Votre travail gagne en sens, car vous concentrez votre énergie sur ce qui a un impact. Et votre présence à vous-même et aux autres s’intensifie.

« La simplicité est la sophistication suprême. » – Léonard de Vinci

Publié par Jean-Charles Réno

À propos de l’auteur: j'aime la nature et l'écologie mais je m'intéresse aussi à la psychologie et la spiritualité, je pense que tout est lié. Je suis arrivé dans l’équipe d’ESM en 2016 après avoir étudié en Angleterre et passé plusieurs années en Australie . Depuis toujours, je suis soucieux de la nature et de mon impact sur l’environnement. Ainsi, par le biais d’informations, j’essaie de contribuer à l’amélioration de l’environnement et de jouer un rôle dans l’éveil des consciences afin de rendre le monde un peu meilleur chaque jour.

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