rupture

Mon ancien partenaire a rompu avec moi parce que je réfléchissais trop selon lui. Mais quelques semaines après notre rupture, il s’est présenté devant ma porte, voulant s’expliquer sur notre séparation.

«J’ai honte d’être un lâche. J’ai peur. Un homme aime être le leader dans une relation, un homme aime connaître l’essentiel des informations pour se sentir plus puissant dans sa masculinité. Avec toi, je ne suis pas le plus intelligent ni le plus fort émotionnellement. Ta simple présence me force à changer. Et je ne suis pas assez brave pour me sortir de là, bien que j’en ai conscience. Et le pire, c’est que je commence même à m’y faire. »

J’ai été dans des relations où je me suis assise poliment, hochant la tête et laissant l’homme être l’homme. Mais au fur, ma perception de ce que signifie être un homme et une femme a considérablement changé.

Avec cette rupture et à mesure que j’ai grandi, ce qui me plaisait dans le genre opposé ne me passionne plus.

Est-ce cela la croissance?

Après notre rupture, ses mots sont restés avec moi pendant des semaines.

Je me souviens avoir ressenti l’obligation de faire taire l’immensité intérieure, de peur de menacer la virilité d’autrui.

J’ai vu des femmes, avec un feu qui irradiait chaque pore de leur peau, entrer en relation et petit à petit, ce feu est mort. J’ai vu le feu mourir en moi aussi, un nombre incalculable de fois.

Est-ce parce que nous ne voulons pas être «trop»? Est-ce ainsi que nous sommes conditionnées? Pour étouffer nos idées étranges et nos rêves parce qu’ils sont trop éloignés?

Je ne me souviens même pas de toutes les fois où un homme m’a dit: «Carole, sois réaliste. »

Ces mots, «sois réaliste», ont empêché des millions d’ âmes d’atteindre leur version de soi la plus élevée.

Car ces mots, «sois réaliste», venant des personnes auxquelles nous accordons le plus d’importance. Ils peuvent rapidement détruire toute notre confiance en nous. Nos idées représentent qui nous sommes. Et, quand on les étouffe constamment, notre identité l’est également.

En fait, elles sont étouffées parce qu’elles menacent la personne qui les fait taire.

Je veux que les hommes et les femmes sachent qu’ils ne sont jamais «trop».

Et que s’ils sont dans une relation qui leur fait ressentir cela, cette relation n’est pas celle dans laquelle ils sont censés être.

C’est tellement facile de tomber dans le piège de s’asseoir et de calmer l’agitation dans notre âme. Mais cette agitation est là pour une raison, et cette raison ne doit pas être enterrée sous ce que la société considère comme «réaliste».

Si je veux devenir agricultrice biologique à 30 ans sans aucune expérience en agriculture, je veux que mon partenaire me dise «Allons voir ce que nous pouvons trouver sur l’agriculture biologique à la librairie. »

Quand je sens que je vais me taire de peur d’en dire trop, je dois réévaluer la place que j’accorde aux autres dans ma vie. Et à mon tour surtout après une rupture, je dois toujours me rappeler de ne jamais taire le feu dans une autre âme.