DE L’IMPORTANCE D’AVOIR DU PLAISIR

de | 17 février 2018

AVOIR DU PLAISIR

Imagecrédit : Pixabay

DE L’IMPORTANCE D’AVOIR DU PLAISIR

Par John Harrison

Dans ce texte, John répond à une question posée par un membre très actif du forum de discussion neurosemanticsofstuttering. RP

J’ai constaté que lorsque je suis dans le flow et que je parle sans aucune anticipation (sans y penser), je suis toujours surpris par ce qui se produit. Comme si ce n’était pas moi qui parlais, mais une quelconque « technologie de l’information » (IT en anglais) en moi qui prend le relais, me reléguant au rôle d’observateur. Mais pour que cela se produise, je dois faire confiance à la situation et avoir confiance en moi ; et je dois abandonner l’idée qu’il s’agisse d’une performance.

Dans ma vie, j’ai eu des peurs, pas seulement au sujet de la parole, mais de tout ce qui exigeait de faire confiance, spécialement la mémorisation. Même aujourd’hui, je ne comprends toujours pas comment les ballerines font pour se souvenir de leur programme d’exercices et de les exécuter avec une incroyable précision. Ou comment un stand-up comique peut retenir une heure et demie de monologue. Je réalise que j’ai de la difficulté à me faire à cette idée parce que j’ai grandi avec l’idée que je devais être parfait. Il m’était difficile de croire que ce dont j’avais besoin allait se manifester au moment opportun. Puis j’ai vécu une période où j’ai fait des choses qui me faisaient peur. Je me suis inscrit à des cours de théâtre et d’improvisation, et même à des cours de théâtre dramatique où je devais tenir des rôles qui me faisaient peur. Il y a 44 ans, j’ai expérimenté le LSD et j’ai toujours la description détaillée de ce que j’avais découvert de cette expérience. J’ai participé à divers programmes de développement personnel. Avec le temps, je découvris que l’antidote à l’obsession du perfectionnisme consiste à se concentrer à avoir du plaisir et de faire de CELA l’objectif le plus important. Dans mon livre, j’ai toute une section (section 7) décrivant comment avoir du plaisir en parlant et je les utilise dans mes ateliers de prises de parole en public que je donne pour le grand public (de San Francisco).

« La poursuite de l’excellence est gratifiante et saine. La poursuite de la perfection est source de frustration et énervante. Elle est aussi une terrible perte de temps. »

— Auteur anonyme

Mes meilleures présentations avaient au moins une chose en commun — elles furent toutes plaisantes. Lorsque vous avez du plaisir, vous êtes davantage connecté à votre véritable nature. Et lorsque vous vous rapprochez de ce que vous êtes vraiment, c’est alors que vous êtes en contact avec vos pouvoirs les plus grands. Puis avoir du plaisir devient plus important que « de faire comme il se doit ». Pour être franc, je n’y réussis pas toujours autant que je le souhaite. Mais au moins, je m’efforce toujours d’avoir autant de plaisir que possible.

Mais pour que le plaisir devienne le phare qui vous guide, vous devez vous PERMETTRE d’avoir du plaisir. Je suis bien conscient que vous aurez de la difficulté à avoir du plaisir si vous avez fait du réflexe de retenue et du blocage vos réactions par défaut et que vous retourniez systématiquement à un comportement de blocage lorsque vous êtes anxieux. Mais en utilisant plusieurs des outils et en tirant leçons des expériences partagées par plusieurs membres de ce forum, vous POURREZ vous extirpez de cet état d’esprit. Plusieurs membres de ce forum sont devenus de puissants orateurs, comme Anna Margolina et, tout spécialement, Le Grand Alan B. qui a vécu la première moitié de sa vie avec un très sévère bégaiement. Alan ADORE aujourd’hui les prises de paroles en public et il est un orateur recherché qui en est à plus de 500 présentations (depuis 2001, chiffre en constante progression).

John

« Lorsqu’on lui demanda ce qui le surprenait le plus, le Dalaï-lama répondit : “C’est l’homme qui me surprend le plus. Il sacrifie sa santé pour faire de l’argent. Puis il dépense son argent pour retrouver la santé. Mais il s’inquiète alors tellement de l’avenir, qu’il ne profite pas du moment présent. Résultat : il ne vit ni le présent ni le futur. Il vit comme s’il n’allait jamais mourir, puis il meurt sans jamais avoir vraiment vécu.” “Alors, que conseilleriez-vous ?” demanda l’interviewer.
“Simple. Ayez du plaisir. Pour quelle autre raison êtes-vous donc ici ?” répondit le Dalaï- lama.

1 Dans son livre, Redéfinir le bégaiement, John a rédigé un article portant le même titre. Vous le retrouverez en page 187 de la version intégrale. RP

Traduction de Richard Parent.

2 réflexions au sujet de « DE L’IMPORTANCE D’AVOIR DU PLAISIR »

  1. Leclef

    Le plaisir, on peut en parler sur toutes les notes de musique…
    Je m’attendais à un article sur le plaisir dans le couple, chose que je découvre encore chaque fois que c’est possible.
    Pour y arriver, j’ai fais quelques lectures dont les livres du Dr Leleux : « Le traité des caresses, de l’orgasme féminin… » et bien d’autres lectures fascinantes. Des documentaires télévisés, ou écrits : non pas une obsession, mais mais une envie réelle, de progresser, avec mon actuel compagnon, qui a mon âge .  » Tu es un bon professeur  » m’a-t-il dit un jour.  » Non, tu es un excellent élève » lui ai-je répondu.  » Et tu frôles l’excellence ». Bref, en un mot comme en 100, nous aimons tous les deux nous découvrir mutuellement. Et nous avons besoin de toute une vie, pour nous découvrir nous-mêmes, , et l’AUTRE, dans ce sillon.
    Il existe aussi d’autres formes du plaisir à deux : écouter M. Sardou, le temps d’une heure, concentrés sur les paroles, dans les bras de l’autre, après avoir fait l’amour comme nous l’aimons, dans le respect total de l’autre. Cette expérience nous est venue par le plus grand des hasards. Rire au lit, discuter de tout, siroter quand l’envie nous vient un tout petit verre de vin rouge.
    Notre repos s’en trouve amélioré, grâce à cette complicité.

    Pour ce qui est de prendre la parole en public, j’ai aussi expérimenté le plaisir de le faire, avec des groupes de tailles différentes, et des questions qui fusaient à leur rythme.

    Le désir est partout : partager un repas avec l’un ou l’autre, me promener par une journée ensoleillée ou pluvieuse, les sensations (vue, odorat, ouïe, toucher sont sollicités différemment).

    je vous laisse,
    Bien à vous,

    Anne, 63 ans.

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