Des adieux émouvants d’un homme à sa femme.

Aujourd’hui, j’ai été témoin d’une histoire d’amour magnifique.

Il ne s’agissait pas d’une histoire d’amour partagée entre deux jeunes fougueux remplis de passion. Et il ne s’agissait pas non plus d’une histoire d’amour entre deux jeunes mariés fascinés par l’idée de l’engagement et par le bonheur du futur qui les attend.

Dans un monde comme le nôtre, où les voeux sont brisés tellement rapidement, ce que j’ai vu aujourd’hui était d’une beauté rare, un diamant brut.
Aujourd’hui, j’ai vu un homme, un homme brisé, qui veillait sur son bien le plus précieux. Ici l’amour était personnifié.

Lorsqu’il est entré dans la chambre, il avait beaucoup de mal à marcher, mais on pouvait voir une grande détermination. Ses yeux étaient rivés sur sa destination finale. Un cercueil gris acier se trouvait droit devant lui. Une partie du cercueil était ouverte, et l’autre moitié fermée portait une gerbe de fleurs vives et assorties, ornées de rubans sur lesquels on pouvait voir les mots «épouse» et «mère».

Une fois arrivé au cercueil, le vieil homme se pencha et embrassa ses lèvres peintes, son corps était tout tremblant.

Ses mots résonnaient en elle de façon si légère et paisible. Bien que ces mots lui avaient été dits d’innombrables fois auparavant, cette fois-là, ils avaient trouvé écho.

« Je sais que tu ne peux pas m’entendre, » murmura-t-il. « Mais je t’aime. »

Et ses larmes coulèrent.

Les visites de la famille n’étaient pas programmées avant une heure environ, mais il était venu plus tôt. Il ne voulait pas gaspiller les dernières heures auprès d’elle. Elle était restée à ses côtés pendant plus de 60 ans, mais ce n’était toujours pas suffisant. Il n’était pas assez près d’elle.

Alors, il a pris une chaise et s’est assis à ses côtés.

Une canne à sa droite, son épouse décédée à sa gauche, il est resté près du cercueil pendant près d’une heure. Il lui caressait les bras et les mains. On avait l’impression qu’il essayait de la réconforter, alors qu’en réalité il se réconfortait lui-même.

Cela ne semblait pas le déranger que sa peau soit froide, son corps raide et rigide. Aussi étrange que ça puisse paraître, cela aurait pu être une scène normale de n’importe quelle soirée chez eux. À part la gerbe somptueuse et les petits cadeaux envoyés par les proches et les amis, la scène semblait tout à fait normal.

Lorsque sa famille a commencé à arriver, il était toujours assis là, lui tenant la main, lui caressant les cheveux.

« Elle est belle, vous ne trouvez pas? » demanda-t-il lorsque ses enfants s’approchèrent. Tout le monde était d’accord. Et ils se sont mis à pleurer.

Pendant près de cinq heures, il est resté près d’elle, épuisé, jusqu’à ce que son corps lui demande de se retirer et que son esprit demande un peu de répit.

Je suis resté bouche bée en voyant cet homme montrer autant d’amour et de fidélité à sa défunte épouse.

Jamais je n’avais vu un homme aussi brisé, privé de son bonheur par la malédiction de la mort. Je me demandais en le regardant, ce qu’il allait devenir les prochains jours. Car aujourd’hui était la partie facile. Aujourd’hui, elle était toujours là, allongée à côté de lui, il pouvait la voir, la toucher, l’embrasser. Mais demain, lorsqu’elle sera enterrée et qu’il rentrera chez eux, que va-t-il se passer?

Ses affaires seront toujours là: l’odeur de sa peau, sa chaise préférée, leur lit.

Comment peut-on dormir seul après avoir dormi pendant plus de 60 ans avec la même personne? Comment peut-on vivre sans la personne qui a partagé notre vie pendant si longtemps ?

Rédigé par: April Yurcevic Shepperd

Note de l’auteur: À la demande de Bobby Moore et de sa famille, je partage ce récit et cette photo. Cette histoire n’a jamais été écrite dans le but d’être lue par d’autres personnes. Je l’ai écrite uniquement pour ma propre guérison et pour digérer le moment très poignant que je venais de vivre. En regardant Bobby avec sa femme, je me suis rendu compte que j’avais le privilège de partager un moment riche. En tant que photojournaliste, je connais des photographies qui capturent ces instants poignants. La famille Moore espère que la publication de cet article permettra de guérir d’autres personnes.

À propos de l’auteur:

April Yurcevic Shepperd est une photojournaliste et une graveuse chevronnée. Sa passion consiste à capturer un moment dans le temps au moyen de photographies. Elle a le sentiment que rien n’est comparable à un moment capturé, car une seule photo raconte toute une histoire. Ou qu’en écrivant de manière aussi sincère, ses lecteurs peuvent voir à travers ses mots. Vous pouvez la suivre sur sa page de photographie sur Facebook  page de photographie  .

Les adieux émouvants d’un homme à son épouse depuis 60 ans ont touché des millions de personnes
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