
Cette citation de l’empereur Jules César illustre parfaitement notre besoin d’apprendre à vivre dans le moment présent. Trop souvent, nous nous projetons dans l’avenir, imaginant des scénarios catastrophiques qui n’existent pas encore.
Combien de fois, face à un conflit ou à une situation stressante, avons-nous tendance à anticiper les événements sans envisager d’autres possibilités ?
Nous construisons dans notre esprit des scénarios complets, comme si la pire option était inévitable, et nous nous y attachons comme à une vérité absolue. Nous croyons dur comme fer à cette histoire, au point de jurer qu’elle va se réaliser, alors qu’en réalité, rien ne s’est encore produit. Ce mécanisme psychologique peut nous faire subir un poids émotionnel énorme, alors même que nous n’avons aucun contrôle sur l’événement imaginaire que nous redoutons.
Il serait donc judicieux de prendre conscience des moments où nous « mettons la charrue avant les bœufs ». Plutôt que de céder à nos anticipations anxieuses, il peut être utile de se demander : cette situation est-elle réellement probable ?
Y a-t-il d’autres issues possibles que celle que mon esprit semble avoir choisie ? En élargissant notre regard, nous nous libérons d’une vision unique et paralysante. La probabilité que notre scénario catastrophique se réalise est généralement beaucoup plus faible que ce que nous imaginons, et en nous focalisant uniquement sur elle, nous limitons nos choix et notre sérénité.
Face à n’importe quel événement de notre vie, nous avons toujours deux alternatives : un regard positif et un regard négatif.

Pourtant, nous avons souvent tendance à nous concentrer sur ce qui nous fait souffrir, comme si cette option était inévitable. Pourquoi choisir la voie qui augmente notre détresse psychologique ? Chaque situation peut être envisagée sous différents angles, et apprendre à explorer ces perspectives permet de réduire l’anxiété et de gagner en clarté.
D’après ma propre expérience, j’ai appris à m’appuyer sur cette expression pour freiner ma tendance à anticiper les événements et à attendre que « les bœufs tirent la charrette ». Cela m’a permis de vivre avec davantage de lucidité et de calme.
Plutôt que de gaspiller mon énergie à imaginer des catastrophes hypothétiques, j’ai appris à observer les événements se dérouler, à analyser les options réelles et à agir de manière réfléchie. Cette approche m’a aidé à réduire le stress inutile et à savourer davantage le moment présent, avec ses imprévus et ses surprises.
En fin de compte, vivre pleinement le moment présent, c’est accepter l’incertitude et la multiplicité des possibles.
Ce n’est pas ignorer les difficultés, mais reconnaître que notre esprit a souvent tendance à amplifier le pire scénario. En laissant les bœufs tirer la charrette, nous nous donnons la chance de réagir avec clarté, de choisir nos actions avec discernement et, surtout, de préserver notre bien-être psychologique.

