Dépression : est-ce que ce que nous savons sur le traitement est faux?

 

Dépression

Des études scientifiques révèlent que les médicaments actuels ciblent les mauvais tissus du cerveau.  Une nouvelle étude remet en cause la relation entre la dépression et un déséquilibre au niveau de la sérotonine dans le cerveau, et par conséquent, remet en question la façon dont elle a été traitée au cours des 20 dernières années.

Des chercheurs à la John D. Dingell VA Medical Center et à la Wayne State University School of Medicine à Detroit ont élevé des souris incapables de produire de la sérotonine dans leur cerveau, ce qui aurait théoriquement dû les rendre déprimées de manière chronique. Mais au contraire, les chercheurs ont constaté que les souris ne manifestaient aucun signe de dépression, mais agissaient plutôt de manière agressive et présentaient des traits de personnalité compulsifs.

*Cette récente étude a résumé les résultats de recherches récentes qui révèlent que les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine, ou ISRS, peuvent ne pas être efficaces pour sortir les gens de la dépression. La France compte aujourd’hui 5 millions de consommateurs d’antidépresseurs. Ces antidépresseurs couramment utilisés, tels que le Prozac, Paxil, Celexa, Zoloft et Lexapro sont ingérés par environ 10% de la population aux États-Unis et près de 25% des femmes entre 40 et 60 ans. Plus de 350 millions de personnes souffrent de dépression selon l’Organisation mondiale de la santé, et elle est la principale cause d’invalidité dans le monde entier.

L’étude a été publiée dans la revue ACS Chemical Neuroscience. L’auteur principal de l’étude, Donald Kuhn a entrepris de découvrir le rôle, si tel était le cas, de la sérotonine dans la dépression. Afin de procéder à cet examen, Donald Kuhn et ses associés ont élevé des souris qui n’avaient pas la capacité de produire de la sérotonine dans leur cerveau, et ont élaboré une batterie de tests comportementaux sur elles. En plus d’être compulsives et extrêmement agressives, les souris qui étaient en incapacité de produire de la sérotonine n’ont présenté aucun symptôme de dépression. À leur grande surprise, les chercheurs ont également constaté que dans des conditions de stress, les souris qui étaient en insuffisance de sérotonine se comportaient normalement.

Un sous-ensemble de souris ne sachant pas produire de sérotonine a reçu des médicaments antidépresseurs, comme les souris normales, elles ont réagi de manière similaire à la drogue. Dans l’ensemble, l’étude a révélé que la sérotonine n’est pas un acteur majeur dans la dépression et que la science doit chercher ailleurs pour identifier d’autres facteurs qui pourraient être impliqués. D’après les auteurs, ces résultats pourraient grandement remodeler la façon dont est menée la recherche de la dépression et détourner l’attention de la recherche pour des traitements.

L’étude se joint directement à d’autres pour contester la notion comme quoi elle est associée à des niveaux inférieurs de sérotonine dans le cerveau.

Une étude a montré qu’à peu près deux tiers de ceux qui prennent des ISRS restent déprimés, tandis qu’une autre étude les a même trouvés insignifiants sur le plan clinique.

Les critiques des antidépresseurs communs prétendent qu’ils ne sont pas beaucoup mieux qu’un placebo mais peuvent néanmoins avoir des effets secondaires indésirables.

Les ISRS ont commencé à être largement utilisés dans les années 1980. Leur introduction a été annoncée par la communauté psychiatrique en tant que nouvelle ère où les médicaments les plus sûrs qui s’adressent directement aux causes de la dépression deviendront la norme. Bien que les ISRS ne soient pas plus efficaces que les antidépresseurs plus anciens, comme les antidépresseurs tricycliqueset les inhibiteurs dela monoamine-oxydase(IMO), ils sont moins toxiques.

Une précédente étude de l’Institut national de santé mentale a révélé que deux patients sur trois souffrant de dépression ne se rétablissent pas entièrement à l’aide d’antidépresseurs modernes.

Ces résultats « sont importants chez les patients en demande de traitement antidépresseurs dans les contextes réels car auparavant on n’établissait pas l’efficacité ou l’inefficacité», a déclaré James Murrough, un chercheur à l’école de médecine du Mount Sinaï des troubles de l’humeur et des problèmes liés à l’anxiété .

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Claire C.