Des scientifiques relient: aliments transformés et maladies auto-immunes

de | 3 mars 2015

Les scientifiques relient officiellement les aliments transformés aux maladies auto-immunes

L’alimentation moderne à base d’aliments transformés, de plats à emporter, et de repas au micro-ondes pourraient être à l’origine de la forte augmentation des maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques, y compris l’alopécie, l’asthme et l’eczéma.

Une équipe de scientifiques de l’Université de Yale aux États-Unis et de l’Université d’Erlangen-Nuremberg, en Allemagne disent que la malbouffe pourrait être en partie responsable.

« Cette étude est la première à indiquer que l’excès de sel raffiné et traité pourrait être l’un des facteurs environnementaux qui conduit à l’augmentation accrue des maladies auto-immunes », ont-ils déclaré.

La malbouffe de la restauration rapide ainsi que les aliments transformés dans les supermarchés représentent les principales sources de consommation de sel raffiné.

Le « Canadian Medical Association Journal » (revue de médecine publiée par l’Association médicale canadienne) a envoyé une équipe internationale de chercheurs comparer la teneur en sel de 2124 articles en provenance d’établissements de restauration rapide tels que Burger King, Domino Pizza, KFC, McDonald, Pizza Hut et Subway. Ils ont constaté que la teneur moyenne en sel variait entre les entreprises et entre les mêmes produits vendus dans différents pays.

Les fast-foods américains sont souvent deux fois plus salés que ceux des autres pays. Bien que des campagnes publiques menées par le gouvernement et la législation aient réduit le niveau de sel raffiné dans de nombreux pays, le gouvernement américain s’est montré réticent à l’idée de se pencher sur la question. Ce qui laisse les fast-foods libres de mettre le sel qu’ils veulent , déclare Norm Campbell, un des auteurs de l’étude et spécialiste de la pression artérielle à l’Université de Calgary.

De nombreux aliments faibles en gras sont riches en sel pour améliorer leur saveur. Un sachet de vinaigrette allégée de KFC ne contient peut-être que 15 calories et 0,5 grammes de matières grasses, mais elle contenait également 510 mg de sodium !

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Voici comment le sel raffiné provoque des maladies auto-immunes

L’équipe de l’Université de Yale a étudié le rôle des cellules T dans le corps. Elles activent et « aident » les autres cellules à lutter contre les agents pathogènes dangereux tels que les bactéries ou les virus et pour combattre les infections. Des recherches antérieures suggèrent qu’un sous-ensemble de ces cellules, appelées cellules Th17, jouent également un rôle important dans le développement des maladies auto-immunes.

Dans la dernière étude, les scientifiques ont découvert qu’en exposant ces cellules à une solution de sel de table, celles-ci agissent de manière plus « agressive ».

Ils ont découvert que les souris nourries avec une alimentation riche en sel raffiné ont connu une augmentation spectaculaire du nombre de cellules Th17 dans leurs systèmes nerveux qui ont favorisé l’inflammation.

Elles étaient également plus susceptibles de développer une forme sévère d’une maladie associée à la sclérose en plaques chez les humains.

Les scientifiques ont ensuite procédé à un examen plus approfondi au niveau moléculaire.

Les essais en laboratoire ont révélé qu’une exposition au sel augmentait les niveaux de cytokines libérées par les cellules Th17 10 fois plus que d’habitude. Les cytokines sont des protéines utilisées pour transmettre des messages entre les cellules.

Le co-auteur de l’étude Ralf Linker, de l’Université d’Erlangen-Nuremberg, a déclaré : « Ces résultats sont une contribution importante à la compréhension de la sclérose en plaques et peuvent offrir de nouvelles cibles pour un meilleur traitement de la maladie, pour laquelle il n’existe aucun remède à l’heure actuelle.

Elle se développe quand le système immunitaire attaque la myéline qui entoure les fibres nerveuses dans le cerveau et considère la moelle épinière comme un corps étranger.

Elle retire la myéline des fibres nerveuses (démyélinisation), ce qui perturbe les messages transmis entre le cerveau et le corps provoquant des problèmes d’élocution, de vision et d’équilibre.

Un autre auteur de l’étude, le professeur David Hafler, de l’Université Yale, a déclaré que la nature n’avait clairement pas l’intention que le système immunitaire s’attaque au corps de l’hôte, donc il pensait qu’il y avait un facteur externe qui entrait en jeu.

Il a dit : « Ce ne sont pas des maladies de gènes défectueux uniquement ni des maladies provoquées par l’environnement, mais il s’agit d’une mauvaise interaction entre les gènes et l’environnement. »

« Les humains ont été génétiquement sélectionnés pour les conditions en Afrique sub-saharienne, où il n’y avait pas de sel. C’est peut-être pour cette raison que les Afro-Américains sont beaucoup plus sensibles au sel. »

« Aujourd’hui, les régimes occidentaux ont tous une teneur élevée en sel et cela a conduit à une augmentation de l’hypertension et peut-être aussi de la maladie auto-immune. »

L’équipe prévoit ensuite d’étudier le rôle des cellules Th17 dans des conditions auto-immunes qui affectent la peau.

«Il serait intéressant de savoir si les patients atteints de psoriasis peuvent soulager leurs symptômes en réduisant leur consommation de sel, » ont-ils déclaré.

« Toutefois, le développement de maladies auto-immunes est un processus très complexe qui dépend de nombreux facteurs génétiques et environnementaux. »

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Consommez des sels de qualité

Les sels raffinés, transformés et blanchis sont le problème. Le sel est essentiel à notre santé et c’est le minéral non métallique le plus facilement disponible dans le monde. Nos corps ne sont pas conçus pour traiter le chlorure de sodium raffiné car il n’a aucune valeur nutritive. Toutefois, lorsqu’un sel est riche en minéraux comme le sel de l’Himalaya, ou le sel de Guérande, il est très bénéfique à notre organisme.

« Ces sels minéraux sont identiques aux minéraux qui ont fabriqué nos corps et qui ont été trouvés dans le premier océan où est apparue la vie « , affirme le Dr docteur Barbara Hendel, chercheur et co-auteur de L’eau et le sel, l’essence de la vie. « Nous avons des larmes salées et la transpiration salée. La composition chimique et minérale de notre sang et les fluides corporels sont similaires à l’eau de mer. Depuis le début de la vie, comme les bébés à naître, nous sommes enfermés dans un sac de liquide salé. »

« Dans l’eau, le sel se dissout en ions minéraux », explique le Dr Hendel. « Ils conduisent les impulsions nerveuses électriques qui alimentent les mouvements des muscles et les processus de pensée. Juste le simple fait de boire un verre d’eau nécessite des millions d’instructions qui viennent des ions minéraux. Ils sont également nécessaires pour équilibrer les niveaux de pH dans le corps. »

Les sels minéraux, dit-elle, sont sains parce qu’ils donnent à votre corps les ions minéraux nécessaires pour équilibrer ses fonctions, rester en bonne santé et soigner. Ces propriétés curatives sont reconnues depuis longtemps en Europe centrale. À Wieliczka en Pologne, un hôpital a été sculpté dans une montagne de sel. Les asthmatiques et les patients souffrant de maladies pulmonaires et d’allergies trouvent que respirer l’air dans les chambres souterraines salines contribue à améliorer les symptômes dans 90 pour cent des cas.

Le Dr Hendel croient que les problèmes de santé viennent d’un manque de minéraux, et non pas d’une surconsommation de sel. C’est une opinion qui est partagée par d’autres universitaires tels que David McCarron, de l’Oregon Health Sciences University aux États-Unis.

Il dit que le sel a toujours fait partie de l’alimentation des hommes, mais ce qui a changé, c’est la teneur en minéraux de nos aliments. Au lieu de manger des aliments riches en minéraux, tels que les noix, fruits et légumes, les gens se remplissent d’aliments transformés et de boissons gazeuses.

Source des études:
Ceci est le résultat d’une étude menée par Dr. Markus Kleinewietfeld, Prof. David Hafler (both Yale University, New Haven et the Broad Institute of the Massachusetts Institute of Technology, MIT, et Harvard University, USA), PD Dr. Ralf Linker (Dept. of Neurology, University Hospital Erlangen), Professor Jens Titze (Vanderbilt University and Friedrich-Alexander-Universitat Erlangen-Nurnberg, FAU, University of Erlangen-Nuremberg) et le Professeur Dominik N. Muller (Experimental and Clinical Research Center, ECRC, a joint cooperation between the Max-Delbruck Center for Molecular Medicine, MDC, Berlin, and the Charite — Universitatsmedizin Berlin and FAU) (Nature, doi:http://dx.doi.org/10.1038/nature11868)*. In autoimmune diseases, the immune system attacks healthy tissue instead of fighting pathogens.

Auteure April McCarthy   journaliste 

Cet article est apparu en premier sur  Prevent Disease.

Traduction Claire C. pour ESM

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