Des responsables déclarent que « manger sain » est un trouble mental

de | 14 mai 2015

Des responsables déclarent que « manger sain » est un trouble mental

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Tentant d’enrayer la ruée vers le changement d’alimentation et sa réforme, la psychiatrie a donné le feu vert à une promotion de relations publiques destinée à diffuser la prise de conscience liée à leur nouveau mot à la mode « orthorexia nervosa« , définie comme « l’obsession pathologique d’une nutrition biologiquement pure et saine. » Autrement dit, les experts affirment que notre volonté d’avoir une alimentation nutritive et saine est un trouble mental qu’il faut soigner.

CNN, Fast Company, Popular Science, et autres grandes sources de diffusion ont tous commencé relativement récemment à claironner cet argumentaire :

« Orthorexia nervosa est une étiquette qui désigne ceux qui cherchent à manger sainement. Caractérisés par des troubles du comportement alimentaire causés par le désir d’aliments « propres » ou « sains », les patients diagnostiqués avec ce problème se préoccupent excessivement de la composition de ce qu’ils mangent. »

En bref, si vous vous détournez de la nourriture industrielle de mauvaise qualité, contenant des additifs connus pour causer le cancer et liée à une longue tradition de malhonnêteté fondée sur un mode de fonctionnement du type « les bénéfices passent avant les gens », il se peut que vous souffriez d’une maladie mentale. La cerise sur le gâteau, c’est que si on vous colle l’étiquette pseudo-scientifique d’orthorexia nervosa, on vous prescrira des produits pharmaceutiques, connus comme toxiques, fabriqués par certains des conglomérats de grosses entreprises que vous vouliez justement éviter au départ en mangeant sainement.

Des responsables déclarent que « manger sain » est un trouble mental :

L’orthorexie n’apparaît pas encore dans la dernière édition de la Bible de la psychiatrie, le Diagnostic and Statistical Manual of mental Disorders (DSM) (le manuel des diagnostics et des statistiques des troubles mentaux), mais le mot est néanmoins couramment associé aux autres troubles de l’alimentation. Si l’on prend du recul et regarde ceux qui veulent nous coller cette étiquette sur le dos, on y trouve des motivations pour le moins douteuses.

La psychiatrie en général est comme les deux doigts de la main avec l’industrie pharmaceutique, qui fabrique les médicaments servant à « traiter » chacun de ces « troubles ». Ce sont souvent ces entreprises qui usent en coulisse de leur influence pour inventer de nouvelles catégories liées à la santé mentale, avec leurs produits toxiques comme solution. Cette récente offensive médiatique destinée à rendre populaire l’orthorexie comme trouble mental, dans le but de marginaliser ou de faire dérailler la révolution alimentaire, paraît morte dans l’œuf.

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Manger sain

La communauté psychiatrique a même décrété que la créativité est une maladie mentale.

Puisque les gens continuent à s’éloigner des systèmes médical et agroalimentaire en difficulté, comme on évite n’importe quelle relation abusive, les producteurs alimentaires sont prêts à tout faire pour maintenir le contrôle qu’il leur reste. Au cours des 5 dernières années, le marché des aliments bio et non-OGM a explosé, au point que les grandes entreprises qui se refuseraient à suivre la tendance, risquent des problèmes financiers ou la faillite. Qui plus est, les laboratoires pharmaceutiques ressentent la pression, dans la mesure où moins de gens souhaitent leurs remèdes toxiques, aux effets secondaires handicapants.
Certaines personnes [vont] peut-être trop loin, au point de se faire du mal, mais le problème auquel nous sommes confrontés dans le cas d’un système alimentaire toxique, est un danger bien plus important. Pour terminer, soyons conscients de quelques-unes des imbécillités dont nous abreuve l’industrie de la psychiatrie, financée par les laboratoires pharmaceutiques. Quand une alimentation saine ou la créativité deviennent des problèmes mentaux, quelque chose cloche.]

Par JEFFEREY JAXEN

Sources Des responsables déclarent que « manger sain » est un trouble mental :
Prison Planet
Popular Science
Jon Rappoport
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8 réflexions au sujet de « Des responsables déclarent que « manger sain » est un trouble mental »

  1. Mélanie

    Ton article est intéressant mais n’oublions qu’il doit exister à mon avis des gens pour qui cela devient une obsession au point que leur vie devienne difficile à vivre (je n’en connais pas mais je suis sûre que l’alimentation est un domaine où se greffe pas mal de nos « faiblesses »). Mais ce n’est pas cette démarche vers une alimentation plus saine qui rend malade, il doit exister une faiblesse préalablement (et puis ça doit être une très faible proportion). Mais c’est vrai que les gens qui ne changent pas leur alimentation sont mal à l’aise face à ceux qui changent et que c’est pour eux une solution facile de nous étiqueter « malade » pour ne pas se remettre en question.

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  2. dumais

    Je crois que les troubles obsessionels compulsifs peuvent troubler même l alimentation; la peur des germes; également; mais; il y a des gens très normaux qui optent pour une meilleure alimentation, sans être troublés mentalement!

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  3. Arthur

    Comme le dit Mélanie, il existe des gens pour qui le contrôle de son alimentation en devient une obsession handicapante.

    Les classifications en psychiatrie change tout les 10 ans, elles servent de bases dans la psychiatrie mais ne peut refléter la pratique courante et tout les psychiatres le savent (comparé au grand public). Elles sont un reflet de la mode des théories en psychiatrie, mais ne font pas consensus auprès de tous, que ce soit aux Etats Unis, que dans le reste du monde.

    Un point important dans cet article qui n’est pas mentionné, c’est la souffrance au long court de ces personnes. À partir du moment où l’on angoisse perpétuellement, que nos relations sociales empathisses, et que cela devient préocuppant pour la personne, on qualifie ça de pathogique, après il ne reste plus qu’a utiliser le grec pour faire de jolie mot, qu’on qualifiera bien entendu de honteux dans la bouche de grand industrielle (en même temps, c’est du foutage de gueule quand ça vient de leur bouche).

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  4. evelyne

    C’est facile d’étiqueter un comportement comme maladie mentale. Puisque c’est l’extrême qui pose problème.

    Je considère le fait d’être trop rationnel, l’incapacité à faire preuve de souplesse mentale et d’empathie, d’être une maladie mentale. Mais comme c’est souvent le cas des gens en position d’autorité, cette tare passe pour le « être la façon d’être admise, donc, acceptée. » 😛

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  5. evelyne

    Mais bon… que vaut l’avis d’une artiste qui préfère savoir ce qui se trouve dans son assiette.

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  6. evelyne

    Bon j’en rajoute. Ce n’est pas la première fois que la communauté psychiatrique s’en prend aux artistes, qui sont vecteurs de changement. Cette classification est symptomatique d’un problème de la société à rechercher l’uniformisation.

    Les artiste dérangent parce qu’ils voient ce qui’ils préféreraient que personne ne voit.
    Et, oui, manipuler les gens est bien plus facile quand on les croit fous.

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  7. Arthur

    Evelyne faut peu être pas exagérer non plus. Il suffit juste d’un peu de réflexion pour voir qu’on a peu être essayer de définir une pathologie sur un ensemble de critère, que ces critères sont peu spécifique et peu sensible et ne font pas consensus. Cette pathologie n’est pas reconnu dans le DSM V, car paraît absurde pour beaucoup de psychiatre car fait partie de l’anorexie mental et qu’on mesure l’apport nutritionnel journalier et non la qualité de cette nourriture. Cette proposition de définition de l’orthorexie à simplement était reprise par certains industriels en leur faveur a but lucratif et inversement par certaine personne entretenant un délire de persécution pour faire parler d’eux (le terme existe depuis 1997 …). Mais dans l’histoire on retiendra qu’on essaye juste de nous manipuler d’un côté, comme de l’autre, mais qu’aucun des partis n’a pris la peine de réfléchir et de s’intéresser à la réalité scientifique en psychiatrie. (Est-il si difficile d’aller interroger un professeur hospitalier en psychiatrie ? Non, mais le journalisme de nos jours se veut sensationnel, on reprends des sources sorties de nul part et le plus important n’est plus dans la qualité de l’article mais le nombre de clic)

    Cette dernière remarque vaut pour Claire C. et ton titre plus que sensationnel, une large exposition de tes sources, et de nombreuse citation anglais/français. » En bref » trop de vulgarisation et trop d’avis personnel dans ton article.

    Nb: la nevrose n’existe plus depuis le DSM IV.

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  8. Sybilla

    Ce sont bien des arguments de psychiatre ! le monde est rempli de fous alors car ça ne s’arrête pas à l’alimentation…s’intéresser à ce qu’on mange, c’est complètement humain c’est tout !

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