Grandes compagnies pharmaceutiques et crime organisé : ils se ressemblent plus qu’on ne le pense

de | 22 janvier 2016

compagnies pharmaceutiques

Grandes compagnies pharmaceutiques et crime organisé : ils se ressemblent plus qu’on ne le pense

« C’est effrayant de voir le nombre de similitudes qu’il existe entre cette [pharmaceutique] industrie et la mafia. La mafia touche des montants d’argent obscènes, tout comme cette industrie. Les effets secondaires du crime organisé sont les homicides et les décès, et les effets secondaires sont les mêmes dans cette industrie. La mafia corrompt les politiciens et autres, et il en va de même pour l’industrie pharmaceutique… » ~ ancien vice-président des médicaments Pfizer

Si vous croyez que les sociétés pharmaceutiques tiennent la santé du grand public en haute estime, il est temps de reconsidérer votre vision des choses. Cette industrie est remplie d’exemples de morts injustifiées, d’extorsion, de fraude, de corruption, d’entrave à la justice, de détournement de fonds, de faux journaux, et de harcèlement, une liste qui ferait rougir même le parrain de la Mafia le plus endurci. Le Département américain de la Justice a condamné les grandes compagnies pharmaceutiques à une amende de plusieurs milliards de dollars, mais ces énormes amendes ne freinent pas la corruption, on les considère tout simplement comme «le prix à payer pour faire des affaires », cela revient à payer les services publics.

En tant que médecin et chercheur, Peter C Gøtzsche a été personnellement confronté à la criminalité derrière l’industrie pharmaceutique, et a par la suite exposé la fraude massive dans « Remèdes mortels et crime organisé : comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé. »

Dans son livre, il s’appuie sur des données probantes et traite de manière détaillée de l’extraordinaire défaillance du système causée par le crime généralisé, la corruption et l’inefficacité de la réglementation pharmaceutique – une réglementation qui, d’après lui, doit être radicalement transformée. « Si nous prenons autant de médicaments, c’est principalement parce que les compagnies pharmaceutiques ne vendent pas des médicaments, mais des mensonges à leur sujet. C’est ce qui fait que les médicaments sont si différents du reste… Tout ce que nous savons sur leur compte, c’est ce que les compagnies ont choisi de nous dire et de dire à nos médecins… Les patients ont confiance dans leurs médicaments parce qu’ils extrapolent la confiance qu’ils ont envers leurs médecins et la reportent sur les remèdes que ces derniers leur prescrivent. Ils ne sont pas conscients que les médecins, s’ils en savent long sur les maladies et la physiologie et la psychologie humaines, en connaissent très, très peu sur les médicaments si ce n’est les informations fabriquées de toutes pièces par l’industrie pharmaceutique… Si vous ne croyez pas que le système est hors de contrôle, je vous invite à m’écrire pour m’expliquer pourquoi les médicaments sont la troisième cause de mortalité… Si une épidémie provoquée par une nouvelle bactérie ou un nouveau virus avait fait autant de victimes – ou si elle avait même causé un centième seulement des décès associés aux effets secondaires des médicaments –, nous aurions tout fait pour la contenir. »

Science dangereuse

Le Dr Gøtzsche a une expérience clinique impressionnante, comme l’a noté le Centre Nordic Cochrane – un organisme sans but lucratif qui produit des informations de santé accessibles et crédibles, sans sponsors commerciaux ou autres conflits d’intérêts.

« Le professeur Peter C Gøtzsche a obtenu une Maîtrise en biologie et en chimie en 1974 et en tant que médecin en 1984. Il est spécialiste en médecine interne ; a collaboré avec des essais cliniques et des affaires réglementaires dans l’industrie pharmaceutique entre 1975 et 1983, et dans les hôpitaux de Copenhague de 1984 à 1995. Avec l’aide d’environ 80 personnes, il a aidé à lancer la Collaboration Cochrane en 1993 avec le fondateur,  Iain Chalmers et a établi le Centre Nordic Cochrane la même année. Il est devenu professeur de  la conception et de l’analyse de la recherche clinique en 2010 à l’Université de Copenhague.

Peter a publié plus de 70 articles dans le « Top Cinq » (BMJ, Lancet, JAMA, Ann Intern Med and N Engl J Med) et ses travaux scientifiques ont été cités plus de 15 000 fois. Peter est également l’auteur de :

  • Psychiatrie mortelle et déni organisé (2015)
  • Remèdes mortels et crime organisé : comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé (2013)
  • Dépistage par mammographie : vérité, mensonges et controverse (2012)
  • Diagnostic et traitement rationnel : des prises de décisions cliniques fondées sur des preuves ».

Une grande partie de la carrière universitaire du Dr Gøtzsche a mis l’accent sur la synthèse des préjugés, essais cliniques et preuves.
Dans son livre « Remèdes mortels et crime organisé« , Gøtzsche révèle la corruption derrière les prix exorbitants des médicaments de marque, attirant l’attention sur le fait que les médicaments ne sont pas chers à cause du coût de développement, mais à cause du lobbying politique, du marketing et des bénéfices exagérés. Il précise également que de nombreux essais ne sont rien d’autre que des écrans de fumée, où les entreprises pharmaceutiques organisent la recherche de façon à ce que les meilleurs populations et groupes témoin soient sélectionnés de manière à ce qu’ils soutiennent le résultat préféré de la société ; ils contrôlent les données et font faire des analyses en interne et embauchent des rédacteurs professionnels pour écrire les articles. Les compagnies pharmaceutiques choisissent ensuite les résultats qui s’ajustent à leurs besoins de marketing, au lieu de ce qui est dans le meilleur intérêt des patients. Régulièrement, on paye des universitaires pour mettre leur nom en tant que contributeurs à l’étude, mais en fait, ils n’y ont pratiquement pas contribué et ne peuvent pas justifier les données. Selon Gøtzsche, « Les ‘meilleurs’ médicaments pourraient simplement être ceux avec les données les plus honteusement biaisées ».

De plus, Gøtzsche fait bien comprendre la vérité selon laquelle les produits pharmaceutiques sont tout simplement dangereux pour de nombreuses raisons :

« Nos médicaments sur ordonnance sont la troisième principale cause de décès après les maladies cardiaques et le cancer aux États-Unis et en Europe. Près de la moitié de ceux qui meurent ont pris leurs médicaments correctement ; les autres meurent à cause d’erreurs,  comme une dose trop élevée ou l’utilisation d’un médicament malgré les contre-indications. Nos agences responsables des médicaments ne sont pas particulièrement utiles, car elles se fient sur des correctifs bidons, qui sont une longue liste de mises en garde, de précautions et de contre-indications pour chaque médicament, bien qu’ils sachent qu’aucun médecin ne peut ensuite maîtriser toutes ces données. Les principales raisons des nombreux décès liés aux médicaments résident dans la réglementation impuissante des médicaments, la criminalité généralisée qui inclut la corruption des preuves scientifiques sur les médicaments et la corruption des médecins, puis dans la commercialisation du médicament, qui est aussi nocive que le marketing du tabac et par conséquent devrait être interdite. Nous devrions prendre beaucoup moins de médicaments, et les patients devraient lire attentivement les notices des médicaments prescrits par leur médecin, puis les sources de données indépendantes sur les médicaments comme celles de la revue Cochrane, ce qui leur permettra de dire plus facilement « non merci ». » (2)

Avant de hausser les épaules à l’argument de Gøtzsche comme si c’était seulement le point de vue d’un seul homme sur une question complexe, envisagez l’histoire entachée du géant pharmaceutique Merck.

Listes de personnes ciblées, fausses revues, harcèlement et gros budget

Lors de témoignages dans une affaire de plainte collective en Australie, des e-mails entre les employés de Merck indiquaient des mentions comme « neutraliser », « neutralisé » ou « discréditer» à côté des noms de médecins qui critiquaient le médicament Vioxx.
Un e-mail disait :

« Nous pourrions avoir besoin de les chercher et de les détruire là où ils vivent… »
Le tribunal a appris que James Fries, professeur de Médecine à l’université de Stanford, avait écrit au PDG de Merck en octobre 2000, se plaignant du harcèlement que certains membres de son équipe subissaient pour avoir critiqué ce médicament.

« Pire encore, les allégations selon lesquelles Merck limite les dégâts par l’intimidation », a-t-il écrit, … « C’est arrivé à au moins huit enquêteurs (cliniques) … Je pense que je suis moi-même légèrement menacé mais je n’en ai jamais parlé ou n’ai jamais écrit à ce sujet. »

En 2001 la société se livrait encore à des tactiques contraires à l’éthique. Merck a apparemment :

Produit une fausse revue « examinée par des pairs » sous le nom de « Australian Journal of Bone and Joint Medicine » afin de commercialiser des articles pro-Vioxx.
Publié un article de revue rédigé totalement anonymement et l’a fait signer par un médecin, tandis qu’un employé de Merck sentait que les données présentées étaient «une pensée magique ».

Cette corruption planifiée pourrait s’amplifier à l’avenir, l’American Medical Association (AMA) a – juste au bon moment – présenté de nouvelles directives qui serviront essentiellement à placer un bâillon sur les médecins qui ne s’alignent pas, y compris ceux qui dénoncent les produits pharmaceutiques.
« Il y a beaucoup de dissidence parmi les professionnels de santé en matière de santé naturelle, et beaucoup refusent d’accepter l’idée que la guérison ne se limite pas aux produits chimiques pharmaceutiques. L’American Medical Association a récemment mis en avant de nouvelles directives qui : « créeront des directives éthiques pour les médecins dans les médias, écriront un rapport sur la façon dont les médecins peuvent être sanctionnés pour violation de l’éthique médicale à travers leur implication dans la presse, et publieront une déclaration publique dénonçant la diffusion d’informations médicales douteuses par la radio, la télévision, les journaux, ou les sites Web » », a déclaré le Dr Edward Group, fondateur du global Healing Center.
Chose incroyable, l’AMA ne représente que 17 % des médecins, dont la plupart sont des étudiants en médecine qui ont reçu une adhésion gratuite. Et pourtant, l’organisation est le cinquième groupe d’intérêts le plus puissant sur Capitol Hill , accordant une somme stupéfiante de 19,7 millions de dollars pour le lobbying rien qu’en 2014.
Pour en savoir plus sur la mise sous silence des dissidents médicaux – et comment prendre des mesures –cliquez ici .

Article sources:

Merci à wakeup-world.com pour cet article

Traduction :

Claire C.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *