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Cette étude indique que le cannabis serait 114 fois moins mortelle que l’alcool

D’après cette étude, le cannabis ne serait pas si nocif comparé aux autres drogues. La substance serait même 114 fois moins mortelle que l’alcool.

Fumer un joint de marijuana (sans tabac) serait moins grave que de boire un verre de whisky. C’est en tout cas ce que laisse entendre une étude publiée le mois dernier dans la revue Scientific Reports, menée par le docteur allemand Dirk W. Lachenmeier, membre de la Faculté de chimie de Karlsruhe, spécialisé dans les boissons alcoolisées, et Jürgen Rehm, directeur de la politique des toxicomanies à l’école de santé publique Dalla Lana à Toronto.

En comparant la dose létale de différentes substances (la dose à laquelle un pourcentage donné d’une population donnée décède) avec la quantité prise par une personne classique, ils ont réalisé que la marijuana était loin d’être la drogue la plus risquée. Elle serait 114 fois moins mortelle que l’alcool. Héroïne, cocaïne et même tabac s’avèrent également plus dangereux que l’herbe.

LE CANNABIS, LA DROGUE RÉCRÉATIVE LA MOINS RISQUÉE

Rapport entre dose toxique et consommation classique

La marijuana serait moins dangereuse que l'alcool ou le tabac

CAPTURE ECRAN WASHINGTON POST/TRADUCTION METRONEWS

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Ces résultats viennent confirmer le classement des drogues déjà établi il y a dix ans, comme le précise le Washingon Post, où l’alcool se plaçait en tête de peloton des substances les plus mortelles, à l’inverse de la marijuana, bonne dernière.

Pour autant, « plus risqué que » ne signifie pas « sans risques ». L’usage médical réglementé du cannabis dans certains États ne garantit pas qu’il soit inoffensif, même si les scientifiques ne s’accordent pas encore sur ses méfaits. De même, son côté naturel n’est en rien significatif. Le venin de serpent à sonnette, par exemple, est une substance naturelle… et mortelle.

Selon les auteurs de l’étude, la chasse aux drogues illicites ne doit pas se faire au détriment de celle contre la cigarette et l’alcool. Quand il s’agit de marijuana, les faibles risques « suggèrent une approche légale de régulation plutôt que celle en place actuellement privilégiant l’interdiction ». En d’autres termes, mieux vaut pour les autorités concentrer leur attention sur ces substances dangereuses légalisées que de chercher à tout prix à diaboliser et interdire la marijuana.

La Ligue Nationale contre le Cancer dit ceci :

Le cannabis est-il un médicament ?

Le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), principale substance euphorisante du cannabis, est parfois utilisé dans le traitement du cancer pour améliorer la qualité de vie du patient (douleur, manque d’appétit, nausées…). Les recherches ont en effet montré que le THC entraîne la mort des cellules du gliome humain (une tumeur cérébrale agressive) par apoptose (mort programmée).

L’apoptose est un processus dans lequel la cellule se détruit elle-même. Les cellules saines ne sont pas affectées. Le cannabidiol (CBD), deuxième cannabinoïde du cannabis, renforce apparemment cet effet.

Le THC semble aussi exercer une action anti-invasive. Cela signifie qu’il s’oppose à la prolifération des cellules cancéreuses vers les tissus voisins. Cette action peut être utile dans le cas de cancers très invasifs.

L’effet antitumoral du THC et des autres cannabinoïdes synthétiques et naturels ne concerne pas seulement les gliomes. Il s’exerce aussi sur un grand nombre d’autres types de cancer. Des expériences sur des animaux et sur des cultures de cellules humaines l’ont montré.

Substances cancérigènes

La fumée de cannabis contient dans une large mesure les mêmes substances cancérigènes que le tabac (hydrocarbures aromatiques, nitrosamines, aldéhydes, etc.), parfois en concentration plus forte.

En fumant du cannabis, on absorbe plus de monoxyde de carbone qu’en fumant du tabac.

On a montré que le cannabinoïde méthandamide synthétique intensifiait le développement des cellules du cancer du poumon.

Sources de cette étude indique que le cannabis est 114 fois plus sûr que boire de l’alcool dans l’article et :
columbia.edu
rt.com
saferchoice.org
psychologytoday.com
nih.gov

Sandra Véringa
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